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Le roi des chevaliers-ours

 
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Hern le tercien
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Localisation: L'océan est vaste, tu ne me trouveras pas!

MessagePosté le: Mar Fév 19, 2008 11:32 pm    Sujet du message: Le roi des chevaliers-ours Répondre en citant

Le roi des Chevaliers-ours


Moi, Hern le tercien, ne suis guère un érudit, un ancêtre au long savoir qui connaît toutes les légendes de mon peuple. Faute de quoi, je vais vous conter ce que j’ai vu de mes yeux vus, ce que je sais pour l’avoir vécu : le sacre d’un roi, le roi des Chevaliers-ours.

Tout commença dans une taverne miteuse de port, où je sirotais une pinte d’hydromel. Que faisais-je dans cet endroit sordide en plein milieu de l’après-midi ?
Les pièces m’étaient rares, emprunt au désarroi, je me languissais du passé, quelque peu abattu par l’échec de mes recherches…




L’embarquement


Pour comprendre cet état pitoyable, revenons en arrière :
Aventureux aventurier, j’avais quitté la Terce, ma terre de naissance du continent gelé du Nord d’Océania, cinq années auparavant...
Bref, étant devenu homme aux yeux de mon clan, j’ai laissé nos terres arides pour visiter le monde. J’ai vécu quelque temps joyeux, en douce compagnie portée par la divine providence; et puis la guigne m’a reprit ce qui me fut offert.
J’ai alors connu une longue errance où le désespoir fut maître mot et où je cherchais un nouveau but à l’existence qui me fut donnée par la fertilité de ma mère et la nourriture de mon père.

Ce but fut celui de partir à la chasse aux trésors, non pas pour le butin, mais d’avantage pour la visite de contrées que mon imagination ne pouvait inventer. Et bien entendu, pour la recherche et l’aventure qui se découle de toute expédition ; les rencontres et le voyage.

C’est ainsi que j’eus vent de la GUILDE DES TRESORIERS, qui d’aventure se dissimule et qui, pour un homme comme moi, étranger à tout port, toute ville, fut introuvable.
L’argent s’épuisa dans les renseignements, je ne su comment bien l’utiliser. Voyez-vous en Terce point de monnaie, l’échange est maître ! Je ne saisis d’ailleurs pas l’amassement de cette denrée « sans valeur » pour moi. L’homme est prisonnier de tels biens, l’amassement me semble dérisoire tant que l’on peut se nourrir…

Bref, là n’est pas le sujet de cet écrit. J’étais fatigué et la monnaie fuyait ma bourse. J’ai donc décidé de me reposer dans un vrai lit, las de dormir en dehors de la ville dans les buissons forestiers, las de ne pas trouver cette fameuse guilde.
Je pensais retourner dans ma contrée d’ici peu, l’échec à l’âme…

Aussi, finissant mon hydromel dans la taverne de l’auberge, une conversation attira mon attention :

-"Bon alors Guntar elle appareille quand ta taverne ? Ca fait trop longtemps que j'attends que ce rafiot lève l'ancre !"

-"Ne t'inquiètes pas Lorän, d'ici demain on sera parti, tu pourra très rapidement lui rapporter quelques objets mystérieux à ta guilde."

L’échange à haute voix et légèrement alcoolisé était entre un semi-nain couvert d’objets en tous genres, et d’un homme d’une stature plus qu’impressionnante.
Attiré, réveillé, que dis-je, sortis de ma torpeur, je fus comme happé par les derniers mots qu’ils avaient prononcés. L’un d’eux faisait parti de la guilde des trésoriers, à coups surs ; il me fallait absolument les suivre à bord de ce « rafiot-taverne »…

Emportant mon paquetage, ils avaient disparus lorsque je fus redescendu de ma misérable chambre. Aussitôt, je courus vers les quais. Bien heureusement pour moi, les rafiots-tavernes ne courraient pas les passes et il fut aisé à trouver. Concept qui m’était étranger, de transporter des voyageurs pour de l’argent et de les faire consommer un maximum d’alcool pour de l’argent…
Il s’agissait manifestement de se remplir les poches. Peut-être étais-ce à des fins de financement d’une expédition pour le trésorier, qui pouvait savoir ?

Toujours est-il que ma bourse était trop vide pour embarquer à bord en tant que passager. Je tentai donc de vendre mes services dans les gréements, l’une des rares choses que je savais faire...

La divine providence m’était à nouveau favorable, un poivrot de marin venait d’être jeté par-dessus le pont, dans l’eau bourbeuse du port, une place était donc vacante.
J’appris plus tard que l’ivrogne avait pissé face au vent sur le gaillard d’arrière, que la cabine du capitaine avait l’écoutille arrière ouverte et que sa couchette avait été souillée…

L’entretient d’embauche fut rapide, je montrais mes étiquettes de tissu, cousues sur ma musette qui attestaient de mes compétences aux différents postes qui m’avaient été confiés jusque là sur un navire. Cependant une question du quartier maître d’équipage m’avait semblée étrange :

« T’sais faire de la magie, mon gars ?
Parc’que si t’en fais sur c’rafiot, t’iras à la baille ! Autant qu’je te l’dises tout d’suite. On t’aura prév’nu, tercien… »

Je lui répondis la vérité à savoir, que je n’avais aucune aptitude en la matière, comme dans le maniement des explosifs d’ailleurs. Il paraissait plus que soulagé.




La traversée


Je fis donc parti de l’équipage en sur nombre, exploité au maniement des voiles. J’ai toujours détesté ce genre de bâtiment où les marins s’entassent les uns sur les autres pour manier jours et nuits, dans une calle puante et exiguë, sous prétexte de laisser de la place à des voyageurs fortunés ; partager son hamac avec un marin qui se lave moins que vous… Son odeur de crasse et d’alcool imprègne le tissu de la toile et quand il prend son quart et que vous avez fini le vôtre, vous vous couchez à sa place dans sa moiteur vinaigrée…

Mon quart était de nuit et débordait le jour. Le lieutenant dont le quart était nocturne, exploitait mes compétences pour amener le cap souhaité sur sa carte, en fonction des étoiles. Ma charge de tâches n’en était pas diminuée pour autant, et il m’était presque impossible de descendre à la taverne pour chercher les deux hommes que j’avais croisés dans l’auberge du port. Les rares fois où je pus les apercevoir, ils étaient accompagnés, impossible par conséquent d’évoquer un sujet aussi discret que celui de la guilde…

La seule fois où je pus m’approcher de Lorän, un homme usa de sa magie et faillit déclencher un lynchage général. Je ne saisissais pas la raison qui poussait tout le monde à craindre, haïr et rejeter la magie de si violente manière. Guntar, le barman à la carrure plus qu’épaisse paraissait le plus touché par cet usage intempestif, à son visage chargé de rage contenue. Je mis ce sentiment général à l’égard de la magie sur le compte de la peur d’endommager la coque, et repris mon quart…

Nous faisions route d’ouest en est et déviâmes de notre cap pour nous rapprocher du continent septentrional, de mes terres.
Avec grand étonnement, je ne saisissais pas ce virement soudain de bord, personne ne répondait à cela, et les marins n’en avaient que faire de notre destination, si ce n’est qu’ils avaient froid et que le vent gelé leur irritait la peau du cou. Ils s’alcoolisaient d’avantage, les accrochages étaient plus fréquents et ils tombaient malades…
Pour ma part, j’étais à mon aise, ce climat était mien.

J’avais rédigé un pacte vénal avec un petit mousse de quart différé, lui octroyant la moitié de ma paie s’il filait pour moi le barman et le semi-nain. C’est ainsi que je fus réveillé par ses soins un beau matin. Il paraissait affolé, me déclarant que nous avions accostés une heure plus tôt et qu’un petit groupe dont mes deux connaissances, étaient partis à terre. Je du échanger le reste de ma paie contre une barque minuscule, un baquet que dis-je et une rame. Difficile fut la tâche de se rendre à terre.
Je quittai donc le navire et pistai le long des côtes, les traces du groupe de cinq personnes, seule information dont je disposai.




Le castel des ours


Ils avaient une importante avance sur moi mais le temps me fut clément et la piste relativement aisée à suivre. J’arrivai au petit matin du jour suivant, devant le camp qu’ils avaient quitté une heure auparavant. Accoutumé aux efforts sur les plaines froides, j’avais presque rattrapé leur avance…
Ils utilisaient un traîneau et là ce fut plus ardu pour moi de les rattraper. Je les croyais en fuite, poursuivit étrangement par des ours ordonnés, habituellement solitaires sur les traces du traîneau. Cela n’avait aucun sens. La magie selon moi, était la clé de tout ceci.

J’ai anticipé leur trajet en empruntant un raccourci, n’ayant pour ma part pas de traîneau à traîner. C’est ainsi que je pus arriver au même moment que l’étrange équipée au castel de Nordguard, le château des chevaliers-ours.
Au détour d’un angle de la muraille, au comble de l’étonnement, je vis pour la première fois de mon existence l’un d’eux. Tout droit sortit des contes de mes ancêtres, je vis un homme de stature impressionnante qui chevauchait un ours blanc de taille énorme, une masse à la main.

À une dizaine de mètre du castel, proche du pont-levis, un géant de glace sans vie s’anima, hostile à la rencontre du monteur d’ours. Dans son élan de vitesse, le chevalier monteur lança sa massue dans le cube en mouvement sans aucun résultat. Puis le chevalier-ours, sauta de son destrier en se changeant comme par magie en un ours des neiges, bien plus gros encore que celui qu’il avait monté, surenchère dans le gigantisme…
Transformation quasi-instantanée, il bondit à la gorge du géant de glace tandis que sa monture en furie labourait de ses crocs, l’un des genoux du cube.
Après quelques secondes d’intense violence, le fidèle destrier du chevalier provoqua une fissure, un craquement sonore et crissant tandis que le chevalier était ceinturé par le golem de glace, dans une posture manifestement délicate.
J’intervins d’instinct, sans réflexion aucune, apportant mon faible poids à l’entreprise désespérée, prouvant ma fougue et mon inconsciente jeunesse, petit homme lancé dans sa course véloce, vêtu d’une peau de bête. Je vins percuter la jambe non fragilisée du géant de glace avec toute l’inertie dont j’étais capable.
Le contact me fut très rude face au cube de glace, l’épaule la première. Mais il fut également très rude pour le golem qui s’effondra, un appui rompu.
Le golem au sol, le chevalier-ours relâché en profita pour lui arracher la tête de ses crocs puissants, la hargne et le timing parfait de cette équipée qui ne se connaissait guère, eut raison du géant de glace avec une efficacité redoutable.

« Une goutte parfois, peut suffire à couler un iceberg,
Un cri peut parfois, suffire à déclencher une avalanche… »

Pensée réconfortante que de se savoir utile, mais la douleur m’élançait au plus haut point. Je me relevais cependant, n’ayant d’yeux que pour le chevalier-ours, cette légende du passé, revenue tout droit des narrations des anciens… J’avais encore du mal à palper cette réalité, scrutant les détails dans l’armure de l’ours géant. Le golem était inerte et sans tête. Il me séparait d’un des héros de ma jeunesse qui avaient dans ma mémoire, quitté le continent oublié. Les garants de la stabilité sur la banquise, les avait-on appelés, considérés comme des demi-dieux protecteurs, gérants et ingérant de l’ordre naturel…
Comment pouvais-je m’adresser à ce fils du ciel et prince du blanc ?

« Ô chevalier-ours, ô prophète de paix sur la terre de mes ancêtres, Hern le tercien sera votre serviteur s’il peut vous seconder dans quelque entreprise ; que par ma vie que je remets en vos mains ou ma mort, je puis vous servir, demi-dieu du passé ! »

Sur ces mots, je posai un genou au sol pour joindre l’acte à la parole.
Un rugissement animal retentit et se changea petit à petit en un rire guttural et saccadé plus humain. L’ours rapetissait et quittait sa forme plantigrade au profit de l’humaine. Il perdait ses poils par poignées et riait à gorge déployée :

« Je ne m'étais pas autant amusé depuis longtemps ! »

L’homme qui se tenait devant moi n’était autre que Guntar, le barman du bateau-taverne, il ajouta :

« Toi le nouveau...hum tercien à ce que je vois . Depuis quand je serai un demi-dieu ? Je n'aurai pas eu besoin de toi si c'était le cas, donc merci pour ce coup d'épaule, j'aime beaucoup ce genre d'initiative et de tactique du "foncer dans l'tas ! ".
Si tu veux me servir comme tu dis, j'ai à récupérer mon château, et tu seras le premier tercien à y mettre le pied ! »


Puis il fouilla dans un traîneau conduit par un homme à la démarche chaloupée qui menait l'attelage d'ours, il en sortit une épaulière en ivoire lisse, avec seulement un petit liseré gravé au pourtour, il me la jeta.

« Tiens, ça sera pour ton épaule ! »

Lorän, le semi-nain à l’origine de ces péripéties, apparu soudain à mes côtés et me présenta les membres de son groupe en riant :

« Ton prophète là c'est Guntar, pour les autres, le frigide au marteau c'est Sigmuss, le cracheur de flammes c'est Vanarhost et celui qui joue avec les peluches c'est Roy, et toi quel est ton nom tercien ? »

J’étais encore un peu sonné par le choc qui s’atténuait étrangement depuis que j’eus revêtis l’épaulière, mais j’étais surtout sans voix devant les révélations du chevalier-ours. Je répondis :

« Le bonjour à vous, je me prénomme Hern, fils de Yelma. Je vous remercie pour ce présent. Mon peuple a toujours considéré les chevaliers-ours comme des demi-dieux, je crains d'être un peu perdu…»

Nous fîmes plus ample connaissance et j’expliquai à tous la raison de ma venue, sans trop poser de question et paraître impoli, je décidai de les aider à conquérir le castel des chevaliers-ours sans bien en connaître les raisons…

Le pont levis s’abaissa, nous entrâmes à la suite d’un funeste personnage d’une maigreur maladive qui devint par la suite un allié de choix, il venait de nous ouvrir la voie ; Mirätius était son nom.

Nous nous aperçûmes bien vite que la magie, chose qui m’était inconnue, emplissait les lieux et contrariait notre emprise : un souffle gelé d’une puissance incroyable tenta de nous terrasser. Roy, le soiffard meneur des ours, fut balayé comme feuille morte.
Lorsque le souffle s’arrêta, quatre hyènes des neiges nous faisaient face, deux nuages magiques et malveillants ainsi qu’un second géant de glace nous menaçaient. Nous dûmes livrer bataille :
Je sortis mon fouet et frappai la première hyène qui s’approcha tandis que Guntar à quelques mètres se transformait en ours de guerre face au nouveau golem.

« Un autre géant de glace sans vie ! Je fais le ménage avec les chatons et j'arrive, bonhomme de neige; n'est pas peur ! Mon autre épaule me démange ! »

Dos à dos avec le nouveau venu Mirätius, nous nous aidâmes et vainquîmes ensemble deux des quatre hyènes. Mon premier coup de fouet rendit borgne l’une des deux hyènes et Mirätius lui brisa une patte, celle-ci ne faisait plus que ramper, nous l’achevâmes. La seconde était trop proche pour le fouet et blessa Mirätius de ses crocs et me griffa à plusieurs reprises. Nous dûmes la tuer à la lame, l’ivoire en main.

Tous les ours de l’attelage s’étaient chargés du golem, Guntar à leur tête. La lutte était rude. L’un des ours fut projeté par le golem et rompit une hyène en deux, avant de succomber sur le flanc.
Roy massacra une hyène de ses poings qui portaient chacun une sphère étrange ; la tête de l’animal explosa.
Vanarhost de son bâton, frappa l’un des étranges nuages magiques, son arme gela et le magicien perdit une main, sectionnée nette et glacée. Son ami paladin, illuminé par les fondateurs frappa de son marteau l’intangible et élimina les deux ennemis successivement.

Roy, Mirätius et moi, poussés par l’adrénaline nous jetâmes en avant sur le golem de glace. J’arrivai le premier et m’élançai comme précédemment, mais l’épaulière en avant cette fois, sur l’articulation portante. Je rebondis dans un craquement sonore, sonné mais sans douleur. L’on me conta la suite de l’affrontement qui se produisit.

Roy le martela de ses poings enchantés, finissant mon travail, Lorän usait de ses nombreux objets magiques sur le golem, Guntar labourait de ses crocs le cou du monstre aidé des quelques ours encore debout…
Mais le dénouement de la bataille se passa au centre de la cour où le paladin finit par fendre de son marteau, une dalle magique. Le golem se pulvérisa alors en flocons légers emportés par le vent… Nous étions victorieux !

« Fâcheuse habitude qu'est la mienne de foncer tête baissée dans le flanc de l'ennemi ! »




Le sacre


Tous furent soignés par Lorän et Sigmuss, enfin ceux qui pouvaient l’être… Des ours étaient tombés, la main du magicien n’était plus. Guntar était mal en point, il s’était interposé entre nous et le golem pour nous laisser le temps d’abattre les autres ennemis. Transformé en homme, il fut levé par son ami semi-nain et le paladin à la force surprenante.

« Merci à vous de me permettre de remonter sur le trône de mon royaume, soyez en remerciés ! »

Ils pénétrèrent le château de glace, tout y apparaissait sous une lumière bleutée venant de la glace elle-même et qui filtrait la lumière.
Quelle magnificence s’offrit à notre vue, quelle grandeur digne des chevaliers-ours, dont les tintes du blanc au bleu étaient multiples. Guntar venait d’ouvrir sous nos yeux les portes de son palais de glace aux colonnes étincelantes. L’architecture quelque peut ressemblante à celle de mon peuple, mais tout en gigantisme et en lumineux, comme si deux cents chevaliers-ours avaient un jour, foulés cette énorme salle et acclamés leur roi dans cette pièce sous leur forme animale.

Sans voix nous suivîmes Guntar qui s’avançait vers le trône resplendissant, griffé de la patte de l’emblème des ours. Et très vite je compris moi, simple mortel de Terce que je n’étais pas devant un demi-dieu, mais devant un roi. Une évidence qui m’avait échappé jusqu’à lors, malgré les dires du chevalier-ours lui-même, une vérité devant laquelle je me surpris une grande tristesse, mêlée à la fierté de lui avoir été utile …

Tout mon peuple depuis des générations idolâtrait ses étrangers mi-hommes mi-animaux qui avaient cohabités avec lui …
Nous les voyions teintés de surnaturels, mais il n’en était rien. J’eus plus tard une discussion avec Lorän qui m’apprit la vérité à leur propos. Pour résumer, les changelins-ours s’exilèrent vers cette contrée fuyant la persécution, il y a de cela des générations. Ils y construisirent ce castel et prospérèrent en tolérance réciproque avec les terciens.
Une armée de magiciens fondateurs fit son apparition. Les chevaliers-ours combattirent vaillamment mais ne pouvaient lutter contre la puissance magique et destructrice. Ils l’emportèrent, tuèrent un grand nombre et enfermèrent les rescapés sous leur forme animale. La motivation de leur conquête du royaume des ours était l’acquisition d’un objet magique dissimulé sous la glace du castel, qu’ils ne trouvèrent pas. Cependant, ils vainquirent avec facilité. Depuis, nul ne s’était approché du castel, le géant de glace, sentinelle impitoyable, rôdait devant le pont-levis infranchissable.

Lors de la courte guerre qui avait frappée les terres froides, la reine pu sauver son petit avant de succomber à son tour aux côtés de son époux ; Guntar était son fils, le roi légitime du Nordguard.

Il monta sur son trône et d’une voix de chef de guerre :

« Messieurs, au nom de mon peuple je vous remercie, jamais sans vous je n'aurai pu retrouver mon trône. Certain ont payé bien cher cette bataille mais je ne resterai pas ingrat et ferai de mon mieux pour tout régler ! »

Il nous fit l’immense honneur de présents telle qu’une main de glace au magicien qui avait perdu la sienne, un marteau d’ivoire pour le paladin, sans doute taillé dans une défense de mammouth vue sa taille et son poids : Lorän tanguait en portant l’arme à Sigmuss. Roy fut gratifié des gants de soiffards dont il avait testé brillamment l’usage sur la jambe du géant de glace sans vie ; et Mirätius eut comme présent une phrase qui n’eut de sens que pour lui seul, manifestement.
Quant à moi, le roi me fit cadeau de l’épaulière qu’il m’avait prêté avant l’entrée dans la citadelle et qui m’avait permise de me jeter corps et âme dans un bloc de glace et sans douleur aucune. Lorän me confia le talisman des trésoriers pour contacter la guilde, enfin mon objectif était atteint…

"Maintenant vivez la renaissance des Chevaliers Ours..."

Guntar se releva avec difficulté, prit sa masse d'arme et frappa de toutes ses forces sur une statue en pierre gravée de symboles. De nombreux rugissements se firent alors entendre aux alentours. Guntar prit alors une corne et souffla dedans, l'acoustique du château le fit trembler d'un seul bloc, il entrait en résonance !

Quelques heures plus tard le château semblait revivre, une quinzaine de personnes reprirent possession des lieux, jurant fidélité à leur roi. Il s’agissait des quelques rescapés femmes et enfants, immortalisés en ours depuis la guerre contre les terribles magiciens et libérés par l’appel de leur souverain.




Epilogue


La première nuit qui suivit, nous permit le repos en compagnie des sujets du roi Guntar, forts prompts à vouloir satisfaire nos désirs.
La glace de ma chambre reflétait dans le matin les rayons d’or du soleil levant, lorsqu’en m’étirant, je découvris sur mon torse un étrange symbole tatoué sous ma peau, une sorte de balance qui penchait d’un côté. J’eus beau me gratter, me frotter, me laver, elle restait inexorablement sur ma peau, sous ma peau, sur moi, en moi…
Affolé quelque peu par ce nouveau maléfice, je me vêtis du bas uniquement et partis à la recherche des autres.
Ils m’apprirent avec sérieux qu’ils faisaient tous partie d’une quête plus vaste, visant à modifier l’équilibre entre le bien et le mal. Et que leur but ultime était de terrasser Zalimas, magicien puissant au service des titans. Tous étaient affublés d’un stigmate et je fus désormais des leurs, car la quête choisissait ses membres d’elle-même …
Résolus, résignés, nous partîmes quelques jours plus tard, Roy le soiffard, Mirätius le nécromant, Sigmuss le paladin, Vanarhost le magicien, Lorän le trésorier et moi-même Hern le tercien, à la recherche de l’épée de feu, mais ça c’est une autre histoire…


Compléments d’information pour les lecteurs qui s’intéresseraient :
Le Paladin de la balance, scénario orchestré par Mj Arthus Zalimas.
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Gariollo
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MessagePosté le: Jeu Oct 09, 2008 2:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Quelle histoire, tant de vies pour un trône... J'aiguise mon sourire d'avoir pu lire cela. Je me demande bien quel peut être cet objet magique, resté introuvable... La vie nous réserve parfois fortune gracieuse, si au moins je pouvais avoir mon navirre et mon propre équipage !
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Hern le tercien
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MessagePosté le: Ven Oct 10, 2008 10:03 am    Sujet du message: Répondre en citant

A quelqu'un qui comme toi, taille son sourire à mon récit,
La fortune d'un roi je souhaite, qui jamais ne tarie.

Profusion , Abondance, sont des créatures qui ne m'intérressent guère. c'est l'aventure qui fait ma vie, je te les laisse...

Si tu courre à plus de lecture le scénario "paladin de la balance" est pour toi...
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Gariollo
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MessagePosté le: Ven Oct 10, 2008 10:16 am    Sujet du message: Répondre en citant

Fortune et abondance, sur mon esprit chancellent,
J'incline l'élégance, dans de fines dentelles...
Peut-être un jour ou bien, une nuit à ta guise
Me feras-tu d'un rien, une terre promise !
En me donnant la joie, d'une carte, un chemin,
J'irai vers ce grand roi, en digne gobelin.

Félonie obséquieuse, infâme queurelleur,
Mon âme malicieuse, me fera baroudeur.
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Hern le tercien
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MessagePosté le: Ven Oct 10, 2008 12:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je vous ai répondu, Gariollo le grand sur la présentation de vous-même...

a très bientôt , j'éspère.

Le tercien.
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