Hern le tercien Prince/Princesse du forum

Inscrit le: 23 Mar 2007 Messages: 455 Localisation: L'océan est vaste, tu ne me trouveras pas!
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Posté le: Lun Déc 31, 2007 1:19 pm Sujet du message: La chasse en six pieds |
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Voici mon rythe initiatique, mon passage de l'enfance à l'âge adulte.
La Chasse
Tout garçon à cet âge
Doit devenir un homme ;
Et c’est un dur passage
Initiatique en somme,
Qui a quatorze années,
M’a fait quitter la Terce :
Première semaine d’été,
Je partis sous l’averse
De flocons rigoureux
Et sous les vents brûlants…
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Puis pour prouver aux cieux
La valeur de mes ans,
J’ai subsisté sept jours
Comme veut la tradition,
En prime un présent pour
L’ancêtre « Ephèldarion » ;
La fin de ma jeunesse,
La chasse à l’ours blanc.
Ainsi le cœur en liesse,
Je vous conte ce temps :
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Sous une chaude fourrure
Qui provenait d’un morse,
Confié à la nature,
Tout en bombant le torse,
J’ai quitté d’un bon pas
La ville qui fut mienne,
Saigné d’un coutelas
En dent, don d’une ancienne.
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Et j’ai prédit aux vents
L’annonce du sacrifice :
La mort de l’ours blanc,
Exécutée sans vice…
Les cieux m’ont répondus :
Flocons nacrés tombèrent,
Scintillants sous ma vue
Comme les bijoux des mères.
Je fus alors certain,
Convaincu que ma quête,
Scellerait mon destin
Ou ma mort une fête.
Repas pour l’animal,
Le victorieux des deux
Jouira du met trivial :
Pain béni par les dieux.
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En quête, je partis donc
A la conquête du blanc,
C’était chercher une conque
Dans un vaste océan :
Les traces sous la neige
Dissimulées au sein
De cette flore beige,
Muette comme l’airain.
J’ai trouvé balayée
Une piste par la bise,
Ai grimpé un glacier
Surplombant la banquise…
Mais pas un ours en vue
Au soir du troisième jour.
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Rejeté par la grève
Un morceau de bois rance
Encouragea mes rêves ;
Car j’en fit une lance.
J’ai contemplé les nues,
Ai loué leurs atours,
Médité sous la voûte
Et appelé « sagesse » …
Au matin plus de doute,
Dominé par l’ivresse,
Initié aux moyens
La chasse était ouverte !
Remerciant les doyens
Pour leurs maximes alertes :
« Ce que tu ne peux prendre,
Fais-le venir à toi ».
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Je me mis donc à tendre
Un hameçon de choix :
Je rejoignis la côte
Où la faune prolifère
Et combattis un hôte,
Un éléphant de mer.
J’avais choisis sciemment
L’un des gros mâles exclus,
Non pas le dominant,
Mais un géant reclus
Qu’aucun ne défendrait,
Et dont la corpulence
Sur terres desservirait,
Au profit de l’aisance,
De mon agilité.
Que la lutte fut sanglante,
Si dure à achever
Etait la bête hurlante.
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Lorsque j’en vains à bout
Après cette épopée,
Victime de dégoût
Aux souffrances infligées,
J’engageai ma parole
Aux cieux, aux dieux lointains
Que la dépouille molle
Servirait d’autres fins…
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J’ai vidé le vaincu
De ses viscères tièdes
Et les ai répandues
Si odorantes et laides,
Eparpillées aux vents
Comme les miettes d’un gâteau
Olfactif, alléchant,
Pour attirer l’oiseau.
Puis j’ai tendu les mailles
De mon piège, « mon filet ».
Attendu que l’entrailles
Et ses effluves paient…
Tapi sous la dépouille
Les narines obstruées,
Le regard en vadrouille
L’attention aux aguets…
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Il vint des charognards
Discrets, méfiants voleurs
Volatiles et renard :
L’aubaine des fossoyeurs ;
Et sur la butte enfin
Humant la truffe aux vent,
Mon cœur bondit au sein
Voyant le roi du blanc :
Il ouvrit une gueule
Béante et carnassière
Et je me sentis seul
Récitant mes prières ;
Le cri rauque qui sortit
Etait sans grande puissance,
Dissuasion polie
Aux voleurs de pitance.
D’un pas lourd nonchalant,
Il avançait pateau
Décidé cependant,
Vers le cadavre chaud.
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Que l’attente était longue
Et le cœur plus qu’en fête,
Poing serré sur ma dague,
Calme d’avant la tempête.
Les muscles sous tension,
Visage couvert de sang,
J’attendis pour l’action
Le propice moment :
Bonne distance de ma proie,
L’ursidé fut distrait,
Je comptai jusqu’à trois
Et bondis tel un trait.
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L’énorme plantigrade
Surveillait le lointain,
Il offrait la mine fade,
Son cou à l’assassin.
D’une main mon ivoire
Chercha la jugulaire
Pour trancher sans histoire
Cette bénite artère ;
Quant à elle, l’autre main
Qui tenait l’os crochu,
Pénétra comme un rien
Dans une patte velue :
Taillé en hameçon
Un os de l’éléphant
Vola comme leçon
Douleur à l’ours blanc…
Sur le flanc il tomba,
De surprise, de souffrance,
Temps perdu qu’il laissa
Pour rejoindre ma lance.
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Un titan mais boiteux
Se dressa face à moi
Il avait dans les yeux
Tout l’inverse de l’effroi :
Une rage prédatrice
Naturelle, mécanique,
Contenue, tentatrice
En un rictus sadique.
La proie et le chasseur
Avait fait inversion,
Changés les rôles d’acteurs,
Changés de position.
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Je reculais par chance
Lorsqu’il lança sa patte,
Une balafre immense
Découvrit ma peau matte,
Zébra mon vêtement ;
Et retomber massif
Sur ses deux fers avant,
Lui arracha plaintif
Un douloureux couinement.
Mon hameçon « crochet »
Dans sa patte se rompit,
Aussi j’en profitai
Pour « lancer » avec cri,
J’atteignis son museau,
Quelle déception navrante
D’échouer ses assauts,
De rater cette fente,
Cette gueule immense.
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A nouveau il gronda,
Terrifiant mes défenses :
Hurlement de crachats,
De mucus et de sang.
La suite fut rapide,
Il bondit en avant,
S’empala intrépide
Sur ma lance, sur mon pic
Et s’écroula sur moi
Humide et lymphatique.
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Ecrasé sous son poids,
J’étouffais sous la masse,
Dans le poils et le miel
Si visqueux de son sang.
« Survécu-je à la chasse
Accordé par le ciel ? »
Oui, il en fut ainsi !
Ici gît l’ours blanc ;
La dépouille d’un roi
Eteint de toute vie
Fit présent de son foie…
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« Adieu ! Ô dieux !
D’avoir guidé mon bras,
Je vous en remercie !
Aujourd’hui l’homme naquit,
Je ne décevrai pas ! »
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Le dernier à rentrer
Des jeunes hommes initiés,
Je tirai le défunt
Et mon enfance prit fin.
Hern l'explorateur _________________ Le plus fou des deux n'est pas le fou mais celui qui le suit.
http://www.tempetes-jdr.info/pbem/le-pole-nord-d-oceania-vt1236.html
Explorateur humain au sourire mélancolique |
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