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Journal de bord n°6 d'Apollonia Mars: Un nouveau gouverneur

 
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MessagePosté le: Lun Juin 19, 2006 5:47 am    Sujet du message: Journal de bord n°6 d'Apollonia Mars: Un nouveau gouverneur Répondre en citant

Journal de bord d'Apollonia Mars:

Eibina le Dimanche 24 Octobre de l’an 13004


La vie ici me semble bien ennuyeuse à présent. Toujours les mêmes visages, la même routine. Maintenant, joindre Véran n’est guère plus risqué, tout d’abord parce que j’ai gagné en magie et je ne crains plus beaucoup les créatures rencontrées sur ma route et puis mes compagnons ne me laissent guère plus ouvrir le chemin, ils préfèrent me laisser derrière afin de leur garantir une couverture, « au cas où ». Mais il n’y a jamais de « cas où ». Et je m’ennuie… Souvent, ils ne me laissent que des restes en charpie… L’époque de nos premiers combats me manque. Et je me sens inutile. Aller dans cette ville ridicule de Véran n’est plus palpitant : je rêve de nouveaux pays, de nouveaux défis, et d’autres peuples fascinants… qui me révéreraient comme je le mérite. Je désespère d’être un jour la reine d’une contrée nouvelle et inexplorée… Trouver l’amour, qui sait ? Etre omnipotente et respectée… Depuis nos dernières aventures, le groupe s’est « enrichi » de pèquenots inutiles et imbus d’eux-mêmes… Aussi insupportables qu’ils soient Bouba a raison de les tolérer : il faut bien de la chair à jeter au gobelins, aux orques et aux canons ennemis… En attendant, les retrouver sans cesse sur mon chemin, que ce soit à l’auberge de L’amitié ou à la Taverne du Golem abuse de ma patience… Il y en a un surtout que je déteste particulièrement, avec son air fat et arrogant, un fouet toujours à la main, il n’est pas sans évoquer Seb Toucourt, enfin c’en est la caricature. Il est là, avec sa tenue miteuse, je suis certaine qu’il l’a achetée neuve et l’a usée lui-même pour se donner un air de baroudeur. Pauvre crétin, il se fait appeler Eibina’s John, mais certaines mauvaises langues dont je tairai le nom car je ne suis pas censée les fréquenter m’ont dit que son nom était Lavinasse John, bien connu à la Taverne pour ses divagations… Il se dit que les seuls voyages qu’il ait entrepris sont des voyages au fond d’un tonneau de vin et il en revient souvent très abîmé. Un autre « nouveau » m’inquiète particulièrement, bien plus utile que le premier dont j’ai fait mention, il possède sur les êtres une influence étrange, sous ses chants, certaines fois, les coups des ennemis nous semblent plus doux, d’autres fois, il semble que ce soit nos coups qui sont décuplés. Mes camarades commencent à lui manifester du respect, et cela m’agace : ne devraient- ils pas m’admirer moi et à l’extrême limite, Willard ? Ne sommes nous pas les derniers remparts du groupe contre le mal ? Ne sommes nous pas plus puissants que tous ? Et pour ma part ne suis- je pas la plus belle ? Même Bouba se laisse abuser et je les vois souvent causer ensemble… Willard ne s’aperçoit- il pas du danger que ce nouveau venu et sa voix de rossignol représente ? A mon corps défendant, je dois reconnaître qu’il est habile et sans ma grande vigilance (très réputée), je me laisserais moi aussi manipuler. Mais je sais que sous ses dehors aimables, se cache une ambition dévorante, une soif de pouvoir sans scrupule. Suis- je la seule qui ne soit pas aveugle ?
Alors que je ruminais ces idées noires, un très joli garçon s’est approché de moi. Non, finalement je ne suis pas la seule à avoir du goût et de la vue… Mais alors que je m’apprêtais à lui dire que ma présence ici n’était pas le fruit de la recherche d’un prétendant, (en tous cas pas d’un pauvre) , il m’affirma avoir un courrier pour moi. Très fière de mon importance, je visai sur l’enveloppe le cachet gouvernemental quand je vis s’approcher de moi le sinistre individu dont je parlais tout à l’heure. Il avait à la main, la fac simile de mon enveloppe et sur un ton de confidence me dit « c’est reparti ! ». Le rouge me monta au front : on lui avait délivré cette lettre avant que l’on me la délivre ! Il avait dû faire le pied de grue sur l’entrée de la route de Véran, sinon je ne vois guère pourquoi on lui aurait délivrée avant moi. C’est donc de sa bouche sirupeuse que j’appris que le conseil de Véran mis en place en l’absence d’un gouverneur faisait appel à nous. Comme toujours, ils n’ont donc que des zéros à Véran ? Ils devraient nous accorder la nationalité s’ils veulent sans cesse que nous les tirions des mauvais pas dans lesquels ils se mettent… Nous nous sommes tous retrouvés sur la place du village et chacun prêts à partir.
Alors que je marchais seule, traînant du pied, et chahutant quelque peu les graviers sur ma route, nous entendîmes des cris dans les fourrés voisins. Avant que j’aie le temps d’user de ma magie, mes compagnons avaient écharpé un malheureux orque occuper à assurer sa descendance avec une jeune femme humaine qui avait tout de la dernière des ribaudes. La jeune femme évidemment jeta son dévolu sur Travis, à peine plus joli qu’un orque, et lui raconta une histoire à dormir debout au sujet d’un grand père qu’il lui rappelait, un homme qui avait fait la guerre contre les orques. Elle finit son manège de drague écœurant en lui donnant une dague qui semblait très efficace contre les orques et gobelins. Apparemment l’intermède avec l’orque avait allumé ses sens et elle se sentait prête à finir avec le premier gueux à sa portée. J’ai cité le froid et calculateur Travis.
Plus loin, nous eûmes à faire à des vers carnassiers qui ressemblaient comme des jumeaux à notre chanteur… D’ailleurs, aujourd’hui je me demande qui lui ressemble le plus les chenilles géantes ou les vers, tous deux rencontrés sur la route…
Ce sont les vers bien sûr ! Ils rampent, comme lui.
Il était tard à notre arrivée et j’étais toujours aussi morose. Nous passâmes la nuit à l’auberge, Travis gai comme un pinson et moi, triste comme un jour sans prière.

Véran le Lundi 25 Octobre 13004


J’ai une tête à faire peur, je me suis tout de même parfumée et maquillée, nous allons voir le conseil des gouverneurs. Il est hors de question que Travis me vole encore la vedette avec sa voix sucrée. Arrivés au palais, nous sommes fort bien accueillis, les nouveaux bénéficient de notre bonne image. On nous informe qu’il nous faut partir pour Khaal afin de chercher du réapprovisionnement et de servir d’escorte au nouveau gouverneur : Chaar Mostir. Nous devrions avoir affaire à un certain Bibi pour nous mettre au courant sur place. J’aurais aimé qu’ils pensent à l’un de nous pour être gouverneur, et pourquoi pas à moi ? En tout cas, Travis ne perd pas de temps, il en est déjà à mettre des grandes tapes dans le dos aux membres du conseil, et cela les fait rire ! Ca me dégoûte ! et moi alors ? Oh, ils se seront sans doute aperçus que ma grande classe fait de moi une reine et pas simplement un gouverneur. Je laisse ce misérable titre honorifique à un homme sans envergure et sans noblesse.

Khaal le Mercredi 3 Novembre 13004


Le voyage, à part quelques heurts avec un bateau pirate s’est plutôt bien passé. Il était moins maussade de par la sympathique présence de Dominique qui nous a régalé de ses farces irrésistibles et de ses « farcis » magnifiques. J’essaie de le convaincre de revenir au front, mais il ne veut pas. André me manque aussi, et sans Willard, je crois que je quitterais l’équipe pour faire seule mon petit bonhomme de chemin. Les meilleurs nous ont quittés et ne viennent à nous que des arrivistes infâmes qui veulent profiter de notre gloire pour leurs propres objectifs. Je crois par moment que la solitude me pèse car il m’arrive d’entendre notre bon ami André appeler son faucon Godriel quand il nous arrive de faire de bonnes actions. L’explication doit être que je suis sur les nerfs.
Nous étions arrivés depuis peu au port de Khaal et nous avions à peine quitté le navire qu’un terrible cri nous fit sursauter. Rendus sur place, vifs et alertes nous vîmes un pauvre homme poignardé et attaché à un poteau : une pancarte clouée sur le ventre par un poignard : »j’ai fait Bibi ». En d’autres circonstances on aurait pu penser à une facétie sympathique de Dominique, mais il n’en était rien, bien sûr : on avait tué notre informateur… Sur la pancarte, un sigle curieux, attira notre attention : une faucille et un marteau croisés. Il ne nous fallu pas longtemps à découvrir que ce symbole appartient à un gang connu sous le nom de gang des vipères.
Inutile de vous dire le bel état dans lequel nous avons mis ce soi disant gang de terreur. Véran et ses ruines m’avaient démoralisée mais Khaal m’a toute revigorée. Le seul malheureux que nous ayons épargné à fini par nous dire que la guilde des revoltés les a payé pour supprimer notre informateur. Après que l’on ait chatouillé quelque peu ce triste sire, il nous apprit également que la meme guilde avait vendu le gouverneur aux Putréfaktos afin qu’ils puissent le remplacer par un des leurs et gouverner par là même Véran. Le vrai gouverneur étant déjà en route avec des maudisseurs pour Pandémonia. Notre sang ne fit qu’un tour. Et mis à part Willard dont un léger sourire me déconcerta, nous fûmes en une minute prêt à partir pour la ville maudite des serviteurs des Titans.

Pandémonia le Samedi 6 Novembre de l’an 13004


Il nous est arrivé, alors que nous étions déjà en vue de Pandémonia, d’être attaqué par un personnage ridicule et qu’il me semble nous avions déjà croisé. Avant d’avoir pu nous bombarder, son navire était coulé et il prenait la fuite avec son second sur une toute petite barque. La vigie nous dit qu’il ne comprenait pas pourquoi ce petit lutin moustachu, si peu armé s’en était pris à nous. Bouba m’a prêté sa longue vue et j’ai pu me rendre compte à quel point le bonhomme était drôle. Eibina’s john jure l’avoir entendu dire « cap’tain Igloo à l’attaque », Balbec peu bavard en est sûr aussi. Que penser : courage ou fanatisme ? Folie des grandeurs ? En cela Travis pourrait rejoindre son équipage.
Pandémonia, l’endroit est lugubre. Il règne un parfum de crainte et de famine : les négoces sont totalement vides. On dit depuis toujours parmi les serviteurs des Fondateurs que les Putréfaktos sont des rats et la preuve en est que leur base se situe dans les égouts. Willard jubile et si je ne le connaissais pas si bien je me dirais qu’il se réjouit d’aller chez nos ennemis.
Enfin, je me sens utile, nous avons besoin de tous, y compris des toquards pour combattre les nombreux ennemis que nous rencontrons dans les égouts. Willard met moins d’ardeur au combat qu’il ne le devrait à moins que ce ne soit moi qui le méjuge connaissant sa triste trajectoire et les conditions de sa naissance. Nous grillons, embrochons, écrasons avec panache le moindre de nos ennemis. Et sur le coup sans doute l’effet de sa voix de sorcier, je trouve même Travis moins antipathique. Il nous faut atteindre les tréfonds des égouts pour enfin découvrir le vrai gouverneur. Il est maintenu captif par un maudisseur infâme, et cette fois ci, je ne me trompe pas quand je dis voir une lueur d’admiration dans le regard de Willard. Une fois ce traître aux Fondateurs puni et bien puni, nous sortons le gouverneur de là, il est éperdu de reconnaissance. Willard utilise sa magie pour contrer celle des maudisseurs qui s’étaient très bien amusés sur Chaar, à ce que l’on a pu en voir. Il ne nous reste plus qu’à partir pour Véran et tenter d’y parvenir avant le faux gouverneur.

Véran le Dimanche 14 Novembre de l’an 13004


Bouba et notre équipage se sont surpassés, Plus que dans les temps, nous arrivons avant la caravelle de nos ennemis. Au port, trois mots à la garde nous a suffit pour convaincre que le gouverneur, le vrai était avec nous.
Sous nos yeux émerveillés, nous avons contemplé nos ennemis brûler sur place par les prodigieux souffles du Dragon que nous avions déjà vu voler au dessus de la ville. Leur stock de poudre fit mille étincelles. L’éclat des flammes a dû rehausser ma beauté puisque j’ai clairement vu Chaar me regarder d’un air tendre. La seule chose qui ait gâché mon plaisir du moment fut de voir le bras de Travis sur l’épaule du gouverneur. Sale lécheur de latrine de taverne !
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