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Posté le: Lun Juin 19, 2006 5:46 am Sujet du message: Journal de bord n°5 d'Apollonia Mars: Chaos à Eibina |
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Journal de bord d'Apollonia Mars:
Ile sans nom, Dimanche 26 Septembre de l’an 13004:
Il fait bon vivre dans notre nouveau repaire, et je ne suis pas très pressée de retourner dans mon village. Les autres aussi se sentent bien, ils engraissent. Pour ma part, je ne cesse d’acquérir de nouveaux pouvoirs et je m’entraîne aussi dur que possible. Ce n’est pas le tout que les Dieux m’aient investie de leur magie, il faut que je la pratique avec style et grâce… Il m’arrive aussi de m’entraîner à me comporter comme si j’étais la reine de ce nouveau territoire. Cela serait sans doute le cas si mes agaçants compagnons n’étaient pas venus… Je sais que mon destin est grand mais quelle patience il faut pour ne pas envoyer paître ces jeunes incapables sans classe qui sont aujourd’hui mes compagnons.
Willard a l’air maintenant tout à fait bien, Je le vois de nouveau s’apprêter devant les miroirs et contempler son reflet des heures durant. Il se remet à agiter ses doigts vers les gens comme si une substance gluante en dégoulinait, le tout en marmonnant des mots inintelligibles, la vie a repris son cours. Souvent, je m’en vais badiner tout prêt de Bouba, il a fière allure avec son grand couvre chef. Bien sûr, je m’en tiens là : une future reine ne doit pas se compromettre avant d’avoir fait un bon mariage.
Il m’arrive souvent de regarder vers Ibina, repensant à mon modeste passé de vendeuse de fleurs. Je n’avais alors jamais croisé le mal, ni aucun serviteur des Titans. D’ailleurs, aujourd’hui, alors que douce et mélancolique j’observais au loin le ciel de mon pays, je vis des volutes noires de fumées, très inquiétantes. Oh, sans doute rien et pourtant, je ne pus contenir un frisson d’angoisse. L’inactivité sans doute me pesait. Je ne pouvais rester là, à chasser les monstres et à m’empiffrer le soir des repas que nous concoctait le pétillant Dominique Farrago. Les autres eux se sentaient parfaitement bien. Le vin coulait à flots et la population locale nous appréciait.
Ile sans nom, le Lundi 27 Septembre de l’an 13004:
Une dépêche nous est parvenue de Véran. Il y est dit que deux messagers à l’air stupide avaient demandé de l’aide pour Ibina où l’on réclamait notre présence. La lettre était signée par cette poule répugnante aspergée de parfum bon marché : Déborah Bensimon. Elle disait qu’elle y serait bien allé (mon œil !) mais qu’une guerre civile battant son plein sur sa cité, elle tentait de protéger ce qui pouvait l’être (piller ce qui restait serait plus juste !) , elle nous assurait cependant qu’elle et ses compagnons veilleraient sur notre bateau quand nous aurions accosté. J’avoue qu’il me semble bien difficile qu’elle puisse protéger quoi que ce soit : n’avions nous pas dû voler au secours des habitants de Véran tant elle et ses hommes n’étaient que des bouffon. C’est d’ailleurs là- bas que mon tendre André perdit la vie, tué par cet esclave sanguinaire qui voyage toujours cramponné à notre train comme un charognard. Il n’est pas dit qu’il ne paiera pas un jour pour ce crime.
Mes compagnons quoique mous et gras comme une pâtisserie arridienne, furent prompts à se prépare et en peu de temps nous quittâmes notre repaire. Nous dûmes encore affronter ces maudits chasseurs de tête et quel ne fut pas notre dépit de ne trouver dans leur camp que quelques têtes réduites. Après avoir fait quelques courses et rejoint notre navire, nous avons combattu des gobelins devenus fous furieux et se prenant pour des pirates, une fois exterminés, ils faisaient moins les malins, cette bande de jean foutre. Dire qu’à eux tous, ils n’avaient pas en poches de quoi nous payer un repas digne de nous. Pffff, vermine !
Alors qu’en proue, je m’approchais de Bouba, afin de me livrer à un de mes passes temps favoris (la cour), le bateau était secoué de tangages impressionnants. Nous filions vers Véran ravagé par les flammes à grande vitesse (mes cheveux s’étalaient derrière moi comme une cape aux reflets moirés et au tissu soyeux…).
Nous étions en vue du port quand un bateau ennemi nous attaqua : des pirates ! Bouba ordonna au canonnier avec maestria et il vainquit. Quelle classe et quel homme. Un jour prochain peut- être partagerons nous le même trône. Toujours est- il que tel est pris qui croyait prendre ! Nous pillons leur navire et je me charge de dix prostituées. Bien sûr, je n’ai pas l’intention de les faire travailler pour moi, c’est au contraire pour les sauver, un peu en hommage à André que j’affirme « les putes sont à moi ! ». Nous revenons donc à Véran avec un autre vaisseau. Bouba le vendra sans doute pour payer l’entretien du notre.
Enfin rendus, nous sommes fatigués et prenons un peu de repos chez les pseudo- pacificateurs qui nous attendaient. Ils proposent de retaper le bateau conquis pendant notre absence. Bof, j’ai ,pas trop confiance dans cette Bensimon, mais Bouba la regarde comme si elle était un Fondateur et lui fait une totale confiance. Je ne pouvais quant à moi aller à Véran sans m’arrêter sur la tombe de mon vieil ami André. Je me suis recueillie un instant et en repartant j’ai trouvé une splendide chaîne d’esclave. Je pense que mon ami André m’a envoyé ce signe pour me désigner mon promis. Aussi, à peine rentrée, j’en fis don à Bouba. Lui, ne m’a pas même regardée et s’est enfermé dans sa chambre avec un mystérieux colis. Pas même un merci, quel culot ! En descendant au bar de la taverne, je m’entretins un instant avec ce petit rat de Nakum et nous convînmes d’un stratagème pour aller fouiller dans le colis de Bouba, celui- ci devait parait- il l’emporter jusqu’à Fadez. Si le vol était la motivation de Nakum, quant à moi, seule la curiosité m’animait.
Je dus l’attirer au dehors tandis que Nakum s’introduisit dans sa chambre. Quelle ne fut pas notre déception en constatant qu’il n’y avait que de la poudre ! Alors que déçue, je regagnai ma chambre un sinistre individu tenta de m’enlever, mais je ne me laissai pas faire et il fut bien contraint de me lâcher après avoir tenté de courir sur une plaque de givre fraîchement déposée là par mes soins. Véran n’est vraiment plus ce qu’il était : des bandits, des bandits partout… Après avoir joué ma fragile auprès de Bouba, je retournai me coucher. Il faut bien avoir l’air vulnérable pour allumer chez lui la flamme du protecteur viril. Je dormis d’un sommeil réparateur.
Véran, le Mardi 28 Septembre de l’an 13004:
Nous partîmes immédiatement pour Ibina. Ce qui nous y attendait nous fit frémir d’horreur. La ville était plongée dans une quasi obscurité. Au détour d’une rue, devant la maison d’un certain Gafal, nous vîmes un nombre impressionnant de goule et un chien monstrueux enflammé. Travis, ce chanteur de pacotilles, voulait jouer les héros mais ce fut Bouba qui enfonçant la porte vint au secours de quelques malheureux enfermés là. Je reconnus dans la baraque un des protégés de André, un certain Néron. Ces jeunes fous, en notre absence s’étaient crus de taille à nous remplacer pour veiller sur les habitants, aidés en cela par le bon Chalius. Depuis quelques temps il y avait de nombreux disparus à Ibina. Et notamment ce vieux Goutchair, et Alexis Rov… Avec Chalius, les pauvres avaient fait tout leur possible et comprenant qu’ils ne viendraient pas à bout des goules, après avoir affronté des serviteurs de Locki, Chalius avait décidé de nous faire appeler. Ils avaient surtout été choqués de voir Tom se faire dévorer sous leurs yeux alors qu’ils n’avaient pas osé le laisser rentrer. Puis, la fumée les avait fait sombrer dans l’inconscience. La relève n’était pas assurée !
N’ayant pas de temps à perdre en atermoiement, nous nous mîmes de suite à l’ouvrage. Nous avons combattu vaillamment. Achevant goules après goules. J’en ai dessoudées plus qu’à mon tour, même modestement, je dois bien le reconnaître. Nous dûmes aussi affronter un énorme chien enflammé… Mais il s’enfuit devant notre courage. C’est alors que nous vîmes une pauvre fillette, c’est ce que ce pauvre Chalius avait pris lui aussi pour une fillette peu de temps auparavant… Avant de tomber sous les goules et que nos courageux compagnons ne prennent la fuite. Cela nous déstabilisa quelque peu à nous aussi de voir que cette innocente créature n’était elle- même qu’un vampire… Malgré ma très grande sensibilité je fus ravie de la voir mise à mort dans d’atroces souffrances tandis qu’elle hurlait… Sale garce,crève !
Je dus cela dit constater que cela ne ravissait pas tout le monde : son chien monstrueux revint. Il dû prendre la fuite une nouvelle fois, mais on ne le laissa pas faire. Nous le suivîmes impitoyablement, mais nous n’étions pas au bout de nos surprises, il nous mena droit à un gigantesque bûcher où flambaient des centaines de corps. Nous réduisîmes en cendre le canin infernal et quant à moi, après avoir lancé un sort pour réduire le feu immense, je l’éteignis tranquillement du bout de ma chausse. Mes compagnons étaient sur le point de baiser le bas de ma robe quand une silhouette alerte sauta d’arbre en arbre vers notre village. Nous fîmes une halte chez Nissi Noub afin de nous soigner. Puis nous regagnâmes le village.
Quelle surprise nous attendait là- bas ! Goutchair avait fini par ne plus plaisanter ! Il était un vampire ! Et imaginez de quelle puissance : il s’est entraîné tout une vie ! Cela ne nous empêcha pas de le réduire au néant lui aussi… Il est mort en vampire admirable, mais il est mort quand même… Je crois ne pas mentir en affirmant que mes compagnons et moi souhaitions que ce soit une fois pour toute.
Alors que tous radieux encore de cette nouvelle victoire nous avions tous le sourire aux lèvres, même les plus blessés, un paysan bougon osait encore ne pas y trouver son compte : les nuages de fumées qui obscurcissaient le ciel empêchaient ses tomates de croître. Quoi qu’un peu fatiguée, je pris la posture me mettant le mieux en valeur et alors que toute nimbée d’une aura chatoyante , j’étais sans prétention magnifique, je fis fuir les nuages par un sort de mon cru… Le pauvre homme était si fou de joie qu’il nous offrit plusieurs caisses de ses fruits. C’est en en prenant un que d’ailleurs, je trouvai un charmant petit être qui se gavait de mes tomate. A peine l’eus- je caressé que je me sentis soudain bien plus forte, je décidai de le garder comme un porte bonheur… D’autant plus qu’un certain pouvoir, selon les dires de mes compagnons, lui était attribué…
C’est avec une grande joie que nous vîmes revenir Chalius. Très amoché, mais en vie. Rien de tel que l’aventure pour des vaillants guerriers comme nous. Tous mes compagnons me semblent formidables soudain. Il fait bon d’être en vie. |
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