Administrateur du PBEM Administrateur - Site Admin

Inscrit le: 17 Juin 2006 Messages: 1238
|
Posté le: Lun Juin 19, 2006 5:42 am Sujet du message: Journal de bord n°2 d'Apollonia Mars: "Paranoïa" |
|
|
Journal de bord d'Apollonia:
Eibina le lundi 30 mai de l'an 13004
Nous nous sommes retrouvés à l’auberge de l’Amitié André et moi. Je voulais absolument savoir, en primeur, s’il comptait donner une leçon à ce voleur de Nakun avant de me joindre au reste de nos compagnons. Au besoin, je me serais volontiers jointe à lui. Là, au bar, il y avait ce nain grotesque qui tentait d’enivrer Mik et plus loin, à une table, Willard et Iqbal complotaient, comme toujours, en compagnie d’une jeune fille qu’il me semblait avoir déjà vu… André soutient que la punition ne résout rien et que des jeunes gens comme Iqbal et Willard pourraient devenir eux aussi mauvais comme le nabot si on ne tente pas de le prévenir… Et nous voilà lancés sur une discussion de prévention de la délinquance, et de bonnes œuvres au sein du village… Et ce brave André pointe alors son menton, son double menton et son triple menton vers la table de Willard, en me confiant qu’il n’aimait pas trop savoir la fille de Justin en si mauvaise compagnie… C’est alors que tout d’un coup, je réalise que cette grande gaillarde est la jeune fille qui m’avait menacée de son revolver quand, le lendemain de la mort de son père, j’avais voulu lui vendre une couronne(très jolie, j’avais tressé la même pour veiller ma sœur…), je ne lui en avais pas voulu, j’avais mis ça sur le compte de la douleur… Cela dit, je crève de honte aujourd’hui à l’idée de la revoir… C’est vrai, c’était indélicat d’aller démarcher alors que le cadavre de son père était encore tiède… Je me tourne de façon à ce qu’elle ne me voie pas. André commande à manger(j’ai beau lui dire que je n ‘ai pas faim, il ne veut rien savoir : « Tu es beaucoup trop maigre ma fille, tu mourras en couches ! , Il faut manger… »ecc… J’ai envie de lui dire que je ne veux pas lui ressembler et que je ne veux pas d’enfants : je finis par accepter de partager son plat… C’est à ce moment précis qu’une odeur putride envahit mon espace, et cela juste avant que deux bras me saisissent et qu’une grosse bouche molle se presse sur la mienne : Quelle horreur ! J’envoie ma chope au visage du discourtois, et c’est là que je le reconnais : Seb… Deux minutes avant cela, il était venu nous saluer, et je n’avais pas fait plus que cela attention à l’odeur de son parfum… Qu’est- ce -qui lui a pris d’agir comme ça… J’avais bien noté qu’il me regardait bizarrement, et souvent, j’allais me réfugier au près de Willard, avec l’excuse d’une conversation… Je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse se conduire ainsi…
André me dit que j’y ai été un peu fort, moi je ne trouve pas mais étant donné qu’André est un homme juste, je l’écoute et me mets en quête de Seb. Je m’aperçois qu’il n’est plus là, D’ailleurs Iqbal et Willard non plus. Il ne reste que la fille de Justin et Mik qui l’a rejointe. Quand même , là voilà bien vite consolée du deuil de son père ! Et elle qui refusait ma couronne, en tout cas cela ne la dérange pas de se faire offrir des fleurs… Du moment que c’est gratuit : la radine ! Je sors de la taverne avec André qui tient à m’accompagner(comme s’il allait me protéger : il n’a même pas son faucon !) Et nous voyons Willard posté près d’un muret, à secouer la tête et à projeter les mains en avant, marmonnant je ne sais quoi. Nous lui demandions ce qu’il fabriquait quand brusquement des éclats de voix nous parviennent : Seb et Iqbal en pleine bagarre. Iqbal à ressasser qu’il était défiguré et Seb le fouet à la main… Seb réussit un coup de maître et immobilise le géant, il tourne autour de lui en tirant de brefs coups sec sur le fouet… J’hésite à intervenir : La scène est plutôt comique… Quant à André, un léger sourire éclaire son regard : je sais ce qu’il pense : Iqbal l’a bien cherché ! Cela dit, deux minutes plus tard, Iqbal était libre et furieux. André a tenté de le raisonner mais à été réceptionné par un coup de poing, là j’ai asséné un petit coup de bâton sur le crâne du géant… Non mais ! Cela ne l’a pas calmé, bien au contraire. Il s’est mis à cogner encore plus fort sur le pauvre Seb. Décidément, ce n’est pas sa soirée… Iqbal hurlait des stupidités du type : «qu’est- ce que tu as fait à Alik ! » A part la chope brisée, je ne vois pas ce qu’on a bien pu lui faire qui mérite une telle raclée… Mais enfin, quand on veut tuer un chien, on dit qu’il a la rage… André et moi avons ramassé les morceaux de Seb et nous l’avons porté chez lui… André a réveillé Alexirov et en est revenu avec des pansements. Nous avons veillé Seb toute la nuit, le soignant du mieux que nous avons pu. Le problème c’est que nous étions malades nous aussi, la nourriture chez Alik ne s’est pas améliorée… André a vomi et lâchait des flatulences ignobles dont l’odeur était autant la cause de mes vomissements que l’intoxication dont nous étions victimes.
Eibina le lundi 31 mai 13004
Cette nuit cauchemardesque s’est achevée… Au petit matin, Seb avait repris des couleurs, nous l’avons forcé à manger pour qu’il reprenne des forces. Peu de temps après, Alik est venu taper à la porte comme fou. Il portait un bandage à la tête et criait qu'il voulait voir Seb. Quand nous lui avons dit que Seb était au lit dans un piètre état, il nous a affirmé que Seb l’avait assommé hier. Nous lui avons assuré que c’était impossible. Qu’il n’était arrivé à la taverne que bien après nous et que s’il était assommé alors, comment avait-il pu nous servir le plat(je me suis retenue de lui dire l’infâme plat) qu’il nous a pourtant bien servi… Il a bredouillé qu’il avait mal à la tête, qu’il ne comprenait pas de quel plat je parlais. Je lui ai dit que nous même avions étés malades et que sans doute, il avait lui aussi mangé quelque chose qui, avarié, avait altéré sa vision ou provoqué des hallucinations… Cela l’a rendu encore plus furieux et il nous interdit à l’avenir de nous rendre chez lui. Moi, je m’en fiche d’aller chez lui : il dit qu’il ne veut plus que je chante, cela fait fuir les clients. Tout compte fait, mieux vaut manger du rat à la taverne du golem, au moins là bas, la nourriture est fraîche : tuée le matin même dans la cuisine.
Il ne s’était écoulé que quelques minutes depuis la visite d’Alik quand nous recevons la visite d’Ikbal, Willard et de la fille de Justin. Je sais à présent qu’elle s’appelle Mary. Willard tente de nous expliquer que quelqu’un a pris l’apparence de Seb pour frapper Alik, et tenter de nous empoisonner à la taverne(c’était ça !), il nous dit également que s’il ne nous a pas prévenus quand il a senti le poison, c’est parce que nous étions en pleine bagarre Seb et moi(mais bien sûr, attends un peu toi !). C’est là qu’Iqbal s’est mis à agiter ses bras sous mes yeux et je m’aperçois qu’il lui manque une main. Enfin je me mets à comprendre ce que je prenais tout d’abord pour des aboiements. Quelqu’un lui a décoché une flèche sur la place du village. Willard a été obligé de l’amputer. C’est là que Mary sort la main du sac avec un air triomphant(je crois que je vais revomir). Bon sang, ôtez le de là avec son moignon ensanglanté .Je me ressaisis en détournant le regard de son pansement sale et lui demande s’il n’a rien vu d’étrange dernièrement, quelque chose qui ferait penser qu’on lui en veut… Ou qu’on nous en veut… Je lui dis que j’ai reçu une lettre dans laquelle on me disait que ma sœur n’était pas morte… Il se mit à aboyer que lui aussi… C’est à ce moment que Seb cracha une mare de sang noir dans un affreux gargouillis et expira. Il était mort, sans doute empoisonné, il était trop faible pour résister. Là seule chose qu’il ait ingurgiter depuis hier était les rations qu’il avait chez lui. Je regardais André, soupçonneuse, non, il n’avait vraiment pas l’air d’un assassin. Nous avons jeté le reste de nos rations. C’est cet instant précis qu’a choisi un gros serpent pour jaillir de sous le lit de feu Seb. Willard comme empli d’une énergie nouvelle s’est mis à crier « Je le veux, JE LE VEUX ! » avec une voix hystérique. Le voilà qui saisit le serpent et se fait mordre. Il le lâche aussitôt. Et nous voilà tous à battre le serpent tant qu’on peut. Tous, sauf André qui sans égard pour le cadavre de Seb sautille en émettant des petits cris sur le lit. Le maudit reptile réussit à nous échapper. André, de nouveau digne, redescend du lit et Iqbal décide que si quelqu’un peut nous en vouloir à ce point dans le village, cela ne peut être que le doyen. Je m’imagine mal le vieux Goutchair, ancien saltimbanque être capable de vouloir nous tuer, et je pense plutôt que ce salaud d’Iqbal cherche un prétexte pour l’achever… Cela dit, en ce qui concerne les lettres, il n’y guère qu’un vieux fou comme lui pour en avoir l’idée tordue. Nous quittons la maison de Seb, adieu Seb, on s’occupera de toi plus tard, enfin si on survit… Je suis rongée par la culpabilité, s’il a été trop faible pour supporter le poison, c’est parce qu’il s’est battu contre ce boucher d’Iqbal… Mais s’il s’est trouvé à sa merci, c’est parce que je l’ai rejeté… Je suis coupable… Et puis merde ! Ce n’est pas ma faute s’il puait et que sa bouche était baveuse et molle… S’il avait été moins insupportable, cela ne lui serait pas arrivé. Nakun nous a rejoint avec Mik, je l’ai vu rôder autour de la maison hier soir, je l’ai suivi mais il est rentré chez lui… Je n’ai pas su découvrir ce qu’il était venu faire près de chez Seb, je n’ai pas confiance en lui… C’est peut- être bien lui qui est derrière tout ça… Après tout, lui aussi avait disparu de la taverne hier soir, et même avant nous… Ca serait tout lui d’assommer Alik pour lui voler sa recette, et puis de nous empoisonner aussi… D’ailleurs, j’ai discrètement palper le cadavre de Seb, aucune trace de sa bourse… Ni de ses bourses d’ailleurs, j’aurais été une fiancée malheureuse. Je suis sûre qu’il y a du Nakun derrière ce vol, je parle de l’argent bien sûr… A moins que cela ne soit Iqbal, il s’est précipité pour lui volé son bouclier. J’ai bien peur qu’il ne lui serve pas à grand chose, avec sa main en moins… Bien fait !
Nous voilà partis chez le barbier. En cours de route, un homme s’est avancé vers André, un esclave, il dit qu’il n’a nulle part où aller, que son maître est mort mais qu’il ne veut pas de sa liberté puisqu’il est pauvre et sans toit. Il se vend pour trois pièces d’argent à André, mais André me le donne en m’affirmant que lui n’a pas besoin d’esclave : être libre, c’est ne dépendre de personne, mais que personne ne dépende de nous… Alors merci du cadeau. Il est petit et chauve, il ne regarde jamais dans les yeux. Je n’ai pas trop confiance, on n’a vu qu’un esclave est tout à fait capable de nuire à son maître… Iqbal en a fait les frais. En fait, il n’a pas de chance cet Iqbal.
En arrivant chez lui, je suis contrainte de défoncer sa porte. Moi qui préfère les délits discrets… Nous ne trouvons pas le vieux, en revanche, sur un mur, le mot « Torr… » est inscrit au sang. Tout le monde se regarde, nous pensons tous à ce bon vieux Torrens, mais un géant à la voix plus stridente que celle de Willard se met à hurler le nom du mercenaire de Bassana. Mik était en train de fouiner dans les tiroirs quand soudain, nous entendons Nakun crier à l’aide. Il est attaqué par des hommes masqués. Tout le monde fonce à la rescousse. Sauf Willard auprès de qui je me mets. Je le vois refaire les gestes étranges d’hier soir… Je sais ce qu’il fait. Je tente moi aussi de refaire les gestes auxquels je m’entraîne depuis un mois, mais dans la panique, j’ai un peu oublié. Ce n’est pas grave, cela laisse un peu plus de temps à nos ennemis pour finir le travail que la génitrice des monstres ailés avait commencé. Et puis, même si Nakun coupé en rondelles, c’est moins drôle que Nakun vidé de son sang, je m’en contenterai… Je finis par me décider, Bouba(C’est le nom qu’a donné André à mon esclave, je me demande parfois s’il a toute sa tête) me suit et se bat à mes côtés contre les hommes masqués. Il manie bien le boulet, je ferai attention pendant mon sommeil…
Nous les abattons et Nakun ce voleur leur prend un de leur sabre… Mik nous montre ce qu’il a trouvé dans les affaires du vieux, il s’agit d’une lettre de Torrens et d’une vieille page arrachée. La lettre confirme ce que nous pensions tous du maire, Apparemment, Goutchair était chargé d'un sale boulot par celui- ci, les créatures que nous avons combattues il y a un mois ne sont pas arrivées par hasard : Bassana les avait commandées. Il avait sans doute envie de transformer Ibina en gigantesque garde manger pour ces bêtes. Ce qui m’ennuie, c’est que nous n’en avons trouvé qu’une adulte… Bassana parle également du fait que la nouvelle route construite est une bonne chose : que, maintenant les gens vont oublier l’ancienne, et que cela l’arrange… Ulgur parle également de nous, et du fait qu’il veut se joindre à nous afin de déjouer les plans de son patron. Je suis flattée qu’il nous fasse confiance. Jointe à cette lettre nous avons également une page du journal de Bassana. Il y parle d’un coffre dont le contenu est précieux. Il parle aussi de son asservissement à Lug(J’en ai des frissons), et de la puissance qu’il acquiert au fur et à mesure de son parcours initiatique.
Avant que nous ayons eu le temps de souffler, des employés de mairie que nous n’avions jamais vus ont pris les corps de nos ennemis et sont partis avec. Nakun a décidé de se faire passer pour mort, mais cela n’a servi à rien : il aurait fallu qu’il soit vraiment mort pour que cela serve… Non, la vraie raison c’est que ce sont deux croque- morts que nous connaissons tous, qui l’ont embarqué : les deux comiques du village : TOM et Jerry. Quand nous les questionnons sur les deux autres employés que nous avons vus, ils nous disent juste que des tenues ont été volées, et toujours aussi impayables, en concluent que ce doit être les faux employés qui les ont prises…
Iqbal se met en tête qu’il faut trouver l’ancienne route aujourd’hui et le voilà, à peine sortie du village qui se jette à quatre pattes dans les hautes herbes. Il a la position idéale pour se faire botter le cul, mais la culpabilité au sujet de Seb me reprend et je n’ai pas le cœur à ça. Il finit par trouver un petit sentier sur lequel nous nous engageons tous. Nous arrivons à l’entrée d’une grotte. Mik nous fabrique des torches et nous y pénétrons. A peine entrés, des créatures petites rouges et particulièrement laides, avec des peaux reptilienne(Ils ne sont pas sans évoquer Nakun), nous attaquent. Après un combat dans les règles, tous affaiblis, nous décidons de passer la nuit au village, aussi nous rebroussons chemin.
Eibina, le mardi 1 juin de l’an 13004
Nous avons vu une chose ignoble, on ne peut pas voir ça sans être profondément choqués. Des nausées m’ont secoué tout le corps. Avant d’arriver chez André, là, bien en évidence sur la place du village, la dépouille de Seb a été profanée. Quelqu’un l’a empalée sur un bâton au bout duquel la main d’Iqbal était plantée. Seb, le pauvre et regretté Seb, violé par la main décomposée de l’infect Iqbal. Quelqu’un a osé, et je ne peux m’empêcher de penser que ce quelqu’un ne peut être que le propriétaire de cette main. Celui- là même qui est à l’origine de la mort de Seb, celui qui l’a rendu vulnérable en le battant jusqu’à l’évanouissement. Je suis presque certaine que ce geste est un avertissement envers quiconque lui barre la route. André devrait se méfier. Mais je sais qu’il le pense aussi en le voyant trembler tandis qu’il récite une prière pour le défunt. Nous avons tous pris un repos bien mérité chez André. Il devait vraiment avoir peur de dormir seul pour nous avoir hébergés tous. Pas tous, Willard manquait à l’appel : il a préféré dormir dans une chambre d’auberge. Quel idiot ! Il a eu bien de la chance qu’il ne lui arrive rien. De bon matin, André s’est rendu chez son patron afin de vendre les pierres de Balbec et il s’est trouvé nez à nez avec Iqbal. Celui- ci a préféré vendre les siennes tout seul. André m’a confié ne pas beaucoup aimer Iqbal, avec ses aboiements et son regard crétin. Il m’a dit qu’il y avait peu d’espoir pour lui de devenir un homme bon et que chez lui, tout n’est qu’hypocrisie et manigances… En discutant de tout cela, nous nous sommes rendus chez Alexis Rov. Depuis la découverte des lettres chez le vieux, nous n’étions guère tranquilles. En sortant du bazar, nous nous trouvons face à une dispute entre Nakum, Balbec et Iqbal : Iqbal, entouré de chiens aussi malins que lui était pris à parti par Balbec dont le mignon petit singe venait d’être littéralement dévoré par les charmants canins de l’idiot. Apparemment, alors qu’ils discutaillaient, Nakum, l’infâme nabot, avait saisi l’occasion pour les dévaliser mais avait été pris sur le fait. Iqbal levait sa hache sur le nain quand nous sommes arrivés. André s’est immédiatement interposé : il a tenté d’expliquer que la malheureuse créature n’était qu’un cleptomane, victime de son propre vice, et qu’il était plus à plaindre qu’à blâmer. Pendant qu’il parlait, Nakum prenait un air malheureux et pathétique : j’aurais bien lancé un nuage nauséabond sur lui, misérable petite fiente ! Comment André peut- il condamner Iqbal et prendre la défense d’un pareil hypocrite ! Enfin, ça le regarde. Equipés, sur- équipés, nous avons repris la route du sous- bois. A court de rations fiables, nous avons dû nous mettre à chasser, c’est beaucoup plus pénible que de cueillir des fleurs : elles au moins ne se sauvent pas. André s’est débrouillé grâce à son faucon, et nous a fait profiter à Bouba, mon esclave, et à moi de son gibier. Bouba quant à lui nous a sorti quelques rations saines d’on ne sait où, mais le pauvre Iqbal était bien en mal avec sa meute féroce. L’apparition d’un ennemi a réglé momentanément le problème de l’alimentation. Nous avons été attaqués par des chauves souris qui, en plus d’avoir fait fuir la meute nous ont été servies en brochette par Iqbal et André. Quels fins cuisiniers !
J’ai remarqué que Balbec, bien que libre ne manifeste aucun mépris pour Bouba, il aurait pu l’encourager à reprendre sa liberté mais non, il se contente de jouer aux cartes avec lui, s’il pouvait devenir ami de ce garçon taciturne, cela me ferait plaisir… Il est si étrange ce Bouba…
Alors que nous continuions à chercher des indices sur Bassana dans la forêt, au bord de la route, dans le fossé, nous avons trouvé une charogne. Iqbal et Willard se sont précipités car c’était là le cadavre d’une pauvre mule dont les sacoches semblaient encore pleines. Ils se sont retrouvés nez à nez avec des vers carnassiers qui s’étaient dissimulés dans la bête. Moi, si je meure il faudra qu’on me brûle : je ne veux pas devenir l’hôte de ces êtres infects. Toujours est- il que nous avons dû nous en mêler pour que nos deux compagnons ne subissent pas l’affront d’être dévorés par ces créatures. Pendant que nous nous battions ardemment, l’ignoble nabot dont le nom ne vaut pas d’être cité, s’est emparé des dites sacoches au nez et à la barbe d’Iqbal. Deux fois dans la même journée se moquer du géant de cette manière : il est petit certes, mais il est doté d’une énorme paire de c… ! Moi, je ne donne plus très cher de sa peau… Cela dit, il n’y avait dans les sacs que de vieilles loques, je ne pense pas qu’Iqbal veuille le tuer pour si peu… Quoique…
Bien fatigués par la marche et les combats, Nous avons décidé de nous arrêter pour la nuit. C’est le hurlement de mik qui nous a réveillés : Un grand hibou lui picorait le visage. Le chien n’avait pas même aboyé pour nous donner l’alarme. Après avoir donné la fuite à l’animal, nous avons pu dormir plus tranquilles. Mais au matin, Iqbal a tué son chien. Quel salaud, la pauvre bête n’avait fait que prendre du repos, comme nous même… Je commence à me dire qu’un grand nettoyage s’impose. André peut dire ce qu’il veut, nos compagnons sont loin d’être dignes de confiance… c’est ce même André qui m ‘a demandé de surmonter ma répulsion pour manger un bout de la bête invoquant le fait que sans cela, la pauvre créature serait morte pour rien. Décidément, dans la même matinée Iqbal a montré bien de la méchanceté gratuite envers les bêtes. Un pauvre chevreuil pris dans un piège en a fait lui aussi les frais. Après l’avoir torturée d’une ignoble façon, il a enterré la pauvre créature en prétextant que la viande était meilleure quand l’animal a souffert et qu’il fallait qu’elle faisande pour libérer tout son arôme. Il fut appuyé par Bouba qui voulait même qu’on urine sur la bête avant de l’enterrer pour en exalter la saveur. André dira ce qu’il voudra, je ne toucherai pas à ce chevreuil !
Eibina, le mercredi 2 juin de l’an 13004
Nous nous sommes retrouvés face à Véran et avons pensé que ce que nous cherchions ne pouvait être là. En parlant en retrait à Bouba, je lui demandais de se tenir, plus que sur ses gardes avec un fieffé salaud comme Iqbal, je lui demandai surtout de veiller sur André. A son regard je compris qu'’il était déjà "«sur le coup ». En bordure de la forêt nous vîmes une grotte dont l’ouverture était bloquée par une porte solide en bois. Iqbal, la défonce et se retrouve aux prises avec deux gobelins, des créatures verdâtres dont l’air intelligent faisait d’Iqbal un frère. En suivant les gobelins à l’intérieur, je leur lance un nuage nauséabond qui les fait fuir. Nous les achevons avec un plaisir certain. En fouillant un peu plus avant, Bouba trouve un coffre, il est rempli de richesses. André hérite de magnifiques saphirs qu’il est chargé de vendre mais en voyant la mine d’Iqbal et de Nakum, je demande à Bouba de redoubler de vigilance. Ce brave Bouba m’a donné cent pièces d’argent… Je savais que c’était un brave garçon. Il a même été généreux envers les deux salauds du groupe, moi, à sa place, je ne l’aurais été qu’avec le brave petit Willard, ça c’est un garçon bien, et pourtant le pauvre vue sa triste vie, il aurait dû être un être purement maléfique… Mais c’est un gentil garçon, pas toujours courageux, mais il essaie… Rien à voir avec les deux autres vauriens. A peine quelqu’un est blessé, il se précipite, au mépris du danger pour le soigner. Je savais qu’il était sérieux et bon, dans le fond.
En continuant notre exploration des lieux, nous atterrissons dans une cuisine où une malheureuse vieillarde touille une infâme mixture nue sous un tablier crasseux qui ne cache rien. Trois autres dégoûtantes créatures vertes sont la, nues également, et alors que je détaille leur laideur je m’aperçois que l’asticot vert qui leur tient lieu de sexe est dressé comme prêt à mordre. Toute ma féminité se révulse en imaginant ce que la pauvre vieille femme a dû subir comme outrage. Son corps maigre et gigantesque est comme drapé dans une peau maladive et trop lâche. Nous combattons avec toute notre haine les hideuses créatures. Nous en venons à bout sans trop de mal. La vieille est une pêcheuse de chez nous, cela fait un an qu’elle subit les derniers outrages des gobelins. Elle nous guide à travers les salles et nous trouvons de quoi nous nourrir à profusion mais également des armes. >C’est d’ailleurs à l’armurerie que nous découvrons horrifiés, le cadavre d’Iqbal et mon esclave, Bouba couvert de son sang. Je suis certaine qu’il a une bonne raison de l’avoir tué mais je me plie à la volonté d’André qui est celle de le livrer aux autorités. Bouba ne nous en laisse pas le temps, il donne ses richesses et s’enfuie. Cela me fait beaucoup de peine : seul où ira-t-il ? Mais André est intraitable. Il répartit les richesses de Bouba entre nos compagnons et nous persuade de reprendre notre route.
Nous sortons mais déjà, ma pitié pour la vieille bique s’est envolée, non contente de blâmer mon pauvre Bouba, elle hurle à qui veut l’entendre que la mort nous attend dans cette forêt et qu’elle sait tout ce qu’il faut savoir et que ses talents de combattante nous sauverons la vie et qu’elle est une pisteuse hors paire et que tous les chemins de la forêt lui sont familiers… A vrai dire, je l’aurais volontiers tuer de mes propres mains si je ne redoutais pas tant le jugement d’André. Quoique mon ami soit lui-même assez embarrassé de la voir s’attacher à ses talons comme son ombre.
Nous cherchions une piste à travers les broussailles quand Bouba surgissant de nulle part nous indiqua un chemin et disparu. Il est, par opposition à la nouvelle compagne dont nous avons hérité, tel un ange bienveillant et silencieux. Je vais tenter de convaincre André de ne pas le dénoncer. Après tout, il n’a tué qu’Iqbal, un homme qui n’est pas même l’ami des bêtes, alors pourquoi le nôtre ? Qui vit par la hache périt par la hache, je vais tâcher d’en convaincre mon ami. Iqbal n’était qu’un monstre sanguinaire et avide. Il a déjà frappé André, ce brave homme, par avidité ou par folie, il aurait tué chacun d’entre nous sans le moindre regret. Il n’y a que ce fragile Willard pour le penser son ami. Il est si tendre ce petit, si naïf… Il est d’ailleurs le seul a avoir pleuré ce chien.
En fouillant aux alentours, dans la direction indiquée par Bouba, nous découvrons un temple. Je n’ai jamais vu un temple si bas, comme enfoncé dans la terre et dont les murs noirs donnent envie de s’enfuir. Soudain, un bourdonnement familier vrombit. Un moucheron vampire de taille colossale ! Bouba se jette sur elle, revenu d’on ne sait où. Mais le pauvre est gravement blessé. Alors qu’il nous sauve de l’infâme bestiole, cette traîtresse de Carria, la vieille chieuse le plante de son harpon. Bouba à terre perd connaissance. Sur les prières d’André, nous le ramenons chez les gobelins et nous l’étendons. Nous y dormons également, pour reprendre des forces.
Eibina le jeudi 3 juin de l’an 13004
Au matin, nous repartons vers le temple. J’ai une furieuse envie d’assassiner cette vieille bique qui nous suit. Mais je me contente de prier Les Fondateurs de nous en débarrasser. Nous arrivons dans le temple. La première pièce que nous voyons est une immense salle au centre de laquelle trône un grand bassin. Il est entouré de quatre colonnes et en face de lui, une statue somptueuse préside mais ce qu’elle représente fait froid dans le dos : il s’agit de Lug, le titan. Celui à qui Bassana semble avoir dédié sa vie. Nakum le stupide entre de suite dans le bassin, d’où emmerge à grand peine son nez : s’il pouvait se noyer ! Et là, nous voilà frappés par la vision de tous les actes infâmes qu’il a commis. Je le savais : il est immonde !
Je me risque à y aller également et je ne peux que rougir de mes pensées médisantes. J’espère qu’André ne prendra pas cela trop mal… Quant à lui, quand il grimpe, c’est comme une somptueuse farandole d’actes charitables qui s’enchainent. J’en suis encore plus honteuse de ce que je suis, mais ma foi, je peux bien me permettre de penser à mal, tant que je ne le fais pas. C’est ensuite Carria, et c‘est surtout les dernières images de sa vie qui m’ont réjouit. Voilà, sale garce cela te va bien de rendre la justice après tout ce que tu as fait de bon cœur aux petits hommes verts. Garce !
Alors que Carria s’approche d’une des quatre somptueuses colonnes, elle manque de peu de se faire trancher la tête par une lame effilée. Dommage : loupé ! Nous poussons deux lourdes portes qui devraient nous mener plus loin dans cet antre diabolique. Nous combattons des monstres mi- hommes, mi- rats qui se jettent sur nous. André leur lance de l’huile, mais dans l’agitation, met presque tout à côté. Je suis au bord de l’évanouissement quand nous en venons enfin à bout. Ces féroces guerriers sont armés de lames plus tranchantes que celle d’un rasoir. Je suis très faible et la magie me coûte une énergie que je n’ai plus. Willard, le brave petit, me soigne gentiment. Une fois mes plaies pansées, je me sens plus gaillarde et prête à me battre avec une rage décuplée !
J’ouvre la marche, pleine d’une force toute neuve, je pousse une autre porte, et là, je sens quatre bras me saisir et me transporter à l’intérieur. De nouveaux ennemis se dressent devant nous, mais en les regardant de près, ils n’ont rien à voir avec les précédents, ce sont des hommes, justes masqués. Je les fais griller aux doigts de feu. Mes compagnons me rejoignent et nous les écrasons comme des misérables vers. Nous remarquons, enchaînée, une misérable créature sale et pitoyable, nous la délivrons et le pauvre garçon tend la main à André, tout tremblant de reconnaissance, mais André, sans doute touché par la détresse du garçon le prends chaleureusement dans ses bras. Quel homme sensible ! Le jeune Furious, c’est ainsi qu’il se présente s’attache à nos talons. Et, en particulier à ceux de Willard. Je pense que cela ne pourra lui être que profitable de prendre exemple sur un aussi remarquable garçon que Willard.
Nous sortons de là pour atterrir dans un dortoir. Nous le traversons, sur nos gardes… De là, nous poursuivons dans ce qui semble être une bibliothèque. J’y trouve un petit ouvrage de superstition qui explique comment échapper au mauvais sort… Je le prends par curiosité(je ne crois pas à ces fadaises : seul rayonne le pouvoir de la magie, le reste n’existe pas, bien sûr) Mais, je le prends quand même. Toujours plus loin dans cet endroit maudit, nous trouvons une petite pièce obscure au milieu de laquelle trône un autel. Je suis saisie par la vision d’un corps décapité, à quatre pattes, le cou encore en place dans le tranchoir. Je note que Carria fixe le corps, les joues rosies : la position évoque sans doute pour elle un autre type de punition… C’est dans ces mauvaises pensées que soudain, j’entends la voix de ma sœur. Oui ! Virgola est ici, elle est vraiment en vie ! Nous fouillons toute la pièce et finissons par trouver un passage dans lequel nous nous engageons précipitamment. A vrai dire, c’est Willard qui le trouve : quel garçon intelligent !
Mais nous entrons trop tard, Bassana tranche devant nous la tête du frère d’Iqbal, Heureusement qu’Iqbal est mort : quel terrible spectacle ! A coté du corps étêté se trouve ma petite Virgola, pleurant à fendre l’âme pendant que ce traître de Bassana recueille le sang de sa première victime dans un réceptacle en psalmodiant une curieuse incantation. C’est alors qu’il me prend des envies de vaisselle cassée. Non, le sang de ma sœur n’ira pas ce mêler à celui du frère de l’animal ! Je me précipite, tandis que Bassana braque la tête qu’il porte à bout de bras en direction de mes compagnons, pensant les effrayer, je volte et balance un puissant coup dans la bassine. Au moment où le contenu se renverse, le liquide semble prendre vie, et des bulles de sang forment comme une créature humanoïde. Je la piétine, ivre de rage, et là, nous voyons avec stupeur Bassana s’étioler se dessécher pour finir raplapla alors que la créature de sang se fond dans la mare au sol. Nous libérons ma sœur qui est comme hébétée mais même si la joie de la voir est grande, je n’ai pas la patience de l’écouter se plaindre et pleurnicher. Il nous faut finir le travail, nettoyer ce temple, en chasser le mal. Je suis prête ! Carria, elle, est comme hystérique, il y a bien des sorts que je jetterais sur son innommable carcasse mais je ne les maîtrise pas encore. Qu’on la fasse taire ! Je la déteste vraiment, toujours à coller André, c’est bien simple, c’est tout juste si elle ne me pousse pas quand je m’approche de lui. Vieille carne à gobelins ! Heureusement, elle veut fuir et nous attendre dehors : quel courage, elle emprunte une autre route et me voilà débarrassée ! Je crois qu’André souffle aussi. Quoi que je l’ai vu la regarder avec insistance à plusieurs reprises… Peut- être que… Non, ce doit être l’attrait de la nouveauté…
Lancés désormais, nous entrons dans une salle sombre où une gigantesque araignée nous attend. Elle n’est pas sans évoquer Carria, en plus appétissante et silencieuse. C’est bien la vieille que j’imagine tandis que Mik Mo lui balance une bombe, que Willard la paralyse et que je lui lance un sort. Exterminée la grande bête maigre et poilue. En passant une autre porte, nous trouvons un autel incinérateur entouré de deux énormes sculptures de serpents géants. En s’en approchant, nous nous trouvons face à de vrais monstres qui nous attaquent par surprise. Heureusement, la flamme qui nous anime n’est pas éteinte et nous les combattons ardemment. Willard et notre nouveau compagnon Furious Badfinger prélèvent du poison sur les bêtes que nous tuons à tour de bras. Je sais que Willard n’en fera pas mauvais usage mais comment savoir pour l’autre ? Et puis ce nouveau a un comportement bizarre : par exemple tout à l’heure, il faisait des claquettes dans les restes de l’araignée, et maintenant le voilà qui se vautre dans le sang des serpents : ou il est fou, ou il est traumatisé par ce qu’il vient de vivre… J’espère juste qu’il ne va pas toujours être comme ça, cela devient vraiment sale à la longue.
Dans le plus grand mépris du danger, nous poursuivons notre route, bientôt rejoints par Carria, pour notre plus grand déplaisir. Cette garce a eu trop peur toute seule et la voilà de nouveau à grignoter André. Ce n’est pas que je sois jalouse, mais voir de la chair à monstres verts se fixer telle une sangsue à mon meilleur ami me rend comme hystérique. puissent les Fondateurs m’écouter et nous en débarrasser ! S’en suit une multitude de salle où nous ne voyons guère que des squelettes empilés où des têtes à profusion. Ces horreurs nous sont familières, et ne nous découragent plus. Finalement, nous voyons un couloir dont nous sommes séparés par une fosse de cire en ébullition. Carria jette un regard prétentieux alentour en affirmant qu’il lui suffit d’un pas pour franchir cette fosse qui ne nous inspire pas confiance. Après un sourire plein de promesse à l’égard d’André, d’ailleurs, je ne crois pas mentir en disant que je l’ai vu frissonner, la vieille se lance dans une gracieuse enjambée avec un peu d’élan. A la surprise générale, elle ne passe pas de l’autre côté mais semble glisser à la verticale d’une paroi invisible. Willard se précipite pour l’aider. De mon côté, je jette un «poids plume » sur elle : je ne veux pas qu’elle tombe trop vite : JE VEUX LA VOIR ! Et la voilà, qui portée par l’air tombe tout doucement, tout doucement dans la cire : le bain de madame est avancé, j’espère que la température lui convient : à peine quelques degrés de moins que celle de son c… Willard rattrape les deux bras qui se tendent vers lui alors que le bas du corps est immergé. Il la sort facilement : ces jambes ressemblent vaguement à celle de certains insectes dont on peut voir l’intérieur, par transparence. Ce spectacle me remplit de gaieté, mais je ne peux le montrer. Le vrai summum de la joie, je l’atteins quand Willard horrifié et surpris la rejette dans la cire. Je garderai longtemps le plaisant souvenir de son visage crispé et incrédule s’enfonçant dans la cire. Album ! Mik trouve le moyen de faire sauter l’invisible mur. Nous sommes de l’autre côté, sains et saufs. Nous pénétrons dans une pièce remplie de fumée blanchâtre des exhalations de cire bouillante. Sur un autel trône un livre, comme une invitation à le toucher. Nous nous en approchons et la, surgit une créature de roche. Balbec lève son boulet ! Et… je sens une chaleur insupportable se propager sur mon corps… la sensation que ma jambe éclate, et puis, plus rien. Je suis réanimée et je vois le visage ami de Willard au-dessus de moi. Mais, je ne sens plus ma jambe et toute ma peau me pique atrocement. J’arrive juste assez à ouvrir mes yeux brûlants pour voir Furious se jeter sur le livre et y poser sa main. Une boule noire grimpe sous sa peau et son visage prend un éclat maléfique, puis, plus rien. Le livre tombe en poussière. Nous sortons du temple et le Gouverneur du Véran, Yulo Guret, nouveau maire d’Ibina, Nizinube Golziano, l’herboriste, sont là, accompagnés d’Iqbal. Sur cette image monstrueuse, je m’évanouis. Iqbal en vie !
Eibina le dimanche 6 juin de l’an 13004
Un miracle s’est produit. J’étais partie cueillir des fleurs avec ma sœur, malgré la perte de ma jambe, je n’étais pas malheureuse : la vie d’un être cher vaut plus que cela, et je me suis assoupie, sous un arbre, dans la douceur de l’air. A mon réveil, j’avais mes jambes. Ma sœur, tremblante d’émotion m’a dit que les racines de l’arbre avaient entouré mon corps me dissimulant derrière et qu’en ne me voyant plus, elle avait hurlé, tenté d’écarter les racines à la force de mains, mais quelques minutes plus tard, les racines replongeaient sous terre, et moi, j’avais mes jambes ! Elle croit avoir vu, dans le lointain une silhouette qui passait d’arbre en arbre… Oui, peut- être y avait- il quelqu’un capable de tout cela. Je suppose que dans le bien comme dans le mal, les possibilités sont innombrables…voire infinies…
Eibina le lundi 7 juin de l’an 13004
André a créé un centre de réinsertion pour la délinquance d’Ibina grâce aux pierres précieuses de Bouba, je le soupçonne de l’avoir fait uniquement en sa faveur. André sait quelque chose sur ce garçon pour chercher à lui racheter une conduite. Cela dit, après coup, Bouba m’a dit qu’Ikbal avait cherché à le voler et que ses coups étaient dus à un surcroît de rage envers les personnes malhonnêtes et brutales comme le géant. Bouba travaille pour la mairie avec Tom et Jerry. Quelles que soient ces fautes, je ne suis pas sûre qu’elles méritent telle punition. Et puis, malheureusement, Iqbal est toujours en vie… Je pense qu’on aurait dû incinérer son corps. |
|