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JDB d'Apollonia Mars n°3: De l'autre côté du mirroir

 
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MessagePosté le: Lun Juin 19, 2006 5:43 am    Sujet du message: JDB d'Apollonia Mars n°3: De l'autre côté du mirroir Répondre en citant

Journal de bord d'Apollonia:

Eibina le dimanche 28 Juin de l'an 13004:

André est passé me chercher pour que nous nous rendions à l'auberge retrouver les autres. Bien qu'il ne m'ait pas dit pourquoi , je l'ai senti particulièrement excité. Une fois sur place , il a pris un air ému et grave pour nous annoncer le décès tragique de son oncle , qui , bien que presque un inconnu pour lui était un exemple. Ne l'appelait-on pas le saint homme ? Il nous demanda de lui servir d'escorte jusqu'à Veran. Il est passé une heure quand nous prenons la route afin d'arriver à Veran avant la nuit. Nous avions choisi d'emprunter la nouvelle route plus rapide et plus sure. Cela ne nous empêcha pas de rencontrer moulte monstres. Je dois avouer que j'aurais pu leur régler leur compte toute seule tant l'excitation d'André m'avait contaminée mais mes compagnons voulaient justifier leur salaire. Bien que les circonstances me contraignaient à afficher une mine triste , mon coeur battait bien fort et j'avais toutes les peines du monde à contenir ma joie : André était bientôt un riche héritier et j'étais sa plus proche amie et confidente , figurez vous de la suite... Nous sommes arrivés au poste de garde quelques minutes après la tombée de la nuit. Le capitaine de la mlice nous fournit un passe pour le quartier commerçant. Je savais que Veran était une ville puissamment protégée mais j'ignorais qu'elle fut découpée de telle manière qu'il était impossible de passer d'un quartier à l'autre sans les autorisations adéquates. Après quelques verres et un repas chaud dans l'auberge des cinq chopes , nous avons pris une nuit de repos bien méritée. Une nuit qui m'a permis de fomenter une foule de plans pour accéder à la future richesse d'André.

Veran le lundi 29 Juin de l'an 13004:

De toute ma vie , jamais je n'avais vu de telles funérailles , ni tant de richesse étalées aux yeux de tous et jamais à Eibina on n'avait enterré quelqu'un qui suscitât autant de respect et de dévotion. Je me voyais déjà , veuve d'André, partageant dignement ma souffrance avec le bon peuple de Veran. Le discours d'André évoquant la mémoire d'un oncle qu'il n'avait connu que par ouïe dire me ramena brutalement à la réalité. Quel nigaud cet André , il piétinait allégrement sa toute nouvelle image de marque. Je lui fis signe de la tête et articulais aussi fort que je pouvais le mot " poème ". Il prit sa respiration et se lança dans une brillante déclamation qui pétrifia Veran et s'acheva sous un tonnerre d'applaudissements... Ouf , mon honneur de future madame de la Pérouze était sauf. Après la cérémonie , pendant que le gouverneur remettait les clés des divers biens de son oncle à André , Iqbal agité comme à son habitude nous désigna du doigt un groupe de trois personnages encapuchonnés qui , se voyant au centre de l'attention s'éloignèrent précipitemment , immédiatement suivis de neuf autres personnages tout aussi suspects (ils étaient les seuls à ne pas verser de larmes). Pendant que nous rentrions tous au domicile d'André dans le plus pieux des silences , un cri retentit : le cri d'un enfant mal élevé retentit. Cet enfant pleurait pour ne pas se rendre à l'école. Nous étions sur le seuil quand André , d' un air désolé mais ferme , barra la route de ce voleur de Nakun ainsi qu'à son traine savates d'acolyte d'Iqbal. Bien décidé à défendre son héritage contre les pillards de toute sorte. André fouilla l'appartement avec une soif de connaissance et l'envie de toucher de plus près l'essence de ce saint homme. Il eut l'air surpris puis embarrassé quand il s'aperçut que tout transpirait le luxe , voire une certaine luxure. Ce ne fut pas pour me déplaire : je me voyais déjà entrainant ce pourceau d'André , nu dans une peau de bête au pied de ce lit somptueux. Le conduire , d'une manière ou d'une autre à abdiquer , fou de désir et d'amour pour finalement faire de moi sa femme. Cela dit nous n'étions quant à nous pas si déçus de découvrir argent et bijoux et quantité d'un vin délicieux.

Veran le mardi 30 Juin de l'an 13004:

Nous allions sortir de la maison. J'avais mis un soin particulier dans ma toilette sachant que nous devions nous rendre dans les boutiques de mon futur époux. Quand brusquement une sensation de malaise m'étreint et abattit sur moi un voile noir. Quand nous reprimes conscience , il faisait presque nuit et André avait disparu. J'étais prête à me lancer à sa recherche , mais le temps de décider mes compagnons , celui-ci était de retour avec ce fourbe de Nakun. Visiblement , ils avaient été battus. André , un tremblement irrépressible , secouant ses bourrelets semblait plus durement choqué. Une mousse blanche perlait aux commissures de ses lèvres. Le bout de ses doigts était sanguignolant et le tatouage d'une main énorme rendait sa figure comique. Après un verre de vin , André résuma que ses tortionnaires lui avaient dit que Guy était un vil personnage et que s'il voulait rester en vie , il lui fallait emprunter un tout autre chemin. Il avait l'air très troublé et nous n'insistâmes pas.

Veran le mercredi 31 Juin de l'an 13004:

Le tour des boutiques sembla reforcer André dans ses doutes. Jamais un saint n'aurait pu posséder de tels biens et ne pas en faire profiter les gens du quartier pauvre de Veran. Alors que de boutique en boutique je devenais princesse puis reine , nous entendîmes de nouveau le cri strident de l'enfant du premier jour , refusant encore d'aller à l'école. Je l'aurais volontier écrabouillé quand un discours moralisateur et soporifique d'André débloqua la situation. Il réprimenda sévèrement la mère qui , confuse , s'éloigna rapidement. Je remontais à peine sur mon utopique trône qu'un nouveau cri s'éleva pour me ramener à mon simple statut de prétendente : "LA FIN DU MONDE !"... Un vieillard abjecte et sale hurlait à la mort. Vers la fin de notre visite des boutiques , tandis que mes compagnons visitaient l'herboristerie , je préférai rester dehors afin de paufiner mes rêveries mais encore une fois , quelqu'un vint interrompre ma marche vers la grandeur. Un înfame personnage plus ivre que l'ivresse me tendait son sceptre turgescent de sa main sale , l'autre tenant la bouteille qui lui donnait son applomb et ses tristes manières. Ce fut la goutte d' "eau" qui fit déborder le vase. Je ne pris pas le temps de nettoyer ma robe que mon baton avait déjà transpercé sa tête entrant par sa bouche marécageuse , lui faisant ravaler ses insanités. Mes Dieux , qu'avais-je fait? Et surtout quel était ce plaisir qui m'avait secoué? Le bruit de sa bouteille se brisant me fit reprendre mes esprits au moment où deux yeux horrifiés m'observaient , un témoin ! Sans prendre la peine de réfléchir , je me lançais à sa poursuite. Pas question de croupir dans un cachot pour une simple formalité de nettoyage. Quand je rattrapai la pauvre femme m'ayant vu , mon esprit lui fit la faveur de la laisser en vie bien que mon corps eut envie de l'écraser. Je me laissai malmenée volontairement afin de garder les traces d'un combat si les choses venaient à se savoir : une femme n'a-t-elle donc pas le droit de se défendre ? Je me remettai à peine quand j'entendis André hurler : "ce sont eux !!!". Afin de provoquer ces malfrats il prit une attitude invraisemblable. Son comportement révèlait à la fois un caractère offensif tout en y incluant une touche de défensif , bref , il était ridicule. Mes compagnons et moi n'avons fait qu'une bouchée de ces misérables qui lui avaient fait si peur. Une partie des survivants furent embarqués par la milice tandis que les autres fuyaient comme des rats , conscients de notre supériorité. A la fin du combat , une femme rousse dont la parodie d'élégance ne fit frémir qu'Iqbal se mit , tremblante , à nous sermoner : " vous rendez-vous compte que vous venez de détruire le seul rempart de cette ville contre le mal ?" Bien que peu disposés à l'entendre , elle nous expliqua la situation. Elle pensait en avoir fini avec la secte des Putrefaktos en tuant leur chef présumé , le soi-disant saint , Guy de la Pérouze... Mais rien n'avait fini avec sa mort. Les Putrefaktos avaient par la menace ou le chantage mis la main sur la plupart des boutiques de la ville , acquérant un pouvoir économique considérable et manipulant ainsi le peuple de Veran , se livrant à toute sorte d'expérience... Elle nous proposa de réparer nos fautes en se joignant à elle pour mener une opération de purification. Afin de nous divertir un peu , j'ai mené mes compagnons dans une boutique ésotérique. André , se déridant un peu tandit sa main à la voyante afin de se faire prédire notre avenir. Tels furent ses mots : "Grande est la crypte au nord ouest du saint , si tu me décrypte , tu seras riche demain". Ces dires secouèrent de rire certains de nos compagnons tandis que d'autres , comme moi-même se procurèrent des filtres d'amour. Cela dit , par acquis de conscience , nous nous rendîmes au cimetière et trouvâmes la dite crypte. Mais l'ignoble Balbek , infame et bestial , comme à son habitude , s'empara des richesses qui devaient revenir à mon promis. Je ne lui laissai même pas le temps de ressortir , que sa bourse était mienne. Tout aurait du très bien se passer mais Balbek , égal à lui-même , pour nous narguer un peu plus , désira recompter sa fortune devant nous. Découvrant son malheur (j'eu toutes les peines du monde à garder mon sérieux en voyant sa mine déconfite) il se rua sur André alors que le malheureux levait les mains , désespéré , devant la puissance de son agresseur , il reçu deux terribles coups qui mirent fin à ses jours et brisèrent mes rêves de richesse et de gloire... L'infame ne perd rien pour attendre... Mon regard expressif devait parler de lui-même car malgré les efforts désespérés de mes compagnons pour le garder parmis nous afin d'aller au bout de notre quête se soldèrent par un échec. Il s'enfuit , pauvre et maudit , larve rampante tremblant devant ma colère sans mercie. Tôt ou tard j'aurai son scalp. Sur le chemin du retour , nous croisâmes de nouveau l'enfant hystérique , cette fois-ci , couvert de petites et multiples plaies. Nous savions à présent d'où provenait le mal.

Veran le jeudi 1er juillet de l'an 13004:

Il était tôt quand nous entreprimes notre mission de purification , nettoyant impitoyablement chaque boutique , pillant , brulant et éviscérant quiconque porteur du mal s'opposant à nous. En peu de temps , l'air était devenu plus respirable à Veran. Chaque cadavre était dédié à la noble cause d'André , et chaque cadavre me procurait un frisson semblable à celui éprouvé la veille... La fièvre purificatrice nous possédait à présent tous et nous liait aussi incroyable qu'il puisse paraître : Nakun , Iqbal , Willard , nos nouveaux compagnons et moi étions portés par la même fougue extatique. Nous partimes vers le centre du mal , l'école , base des Putrefaktos. Alors que nous visitions les lieux , salle après salle , monstres après monstres , maudisseurs après maudisseurs la rage en nous décuplait nous transformant en Dieux vengeurs. Mais la fatigue nous gagnait et les blessures nous rendaient vulnérables , aussi , voyant dans l'une des salles des lits , des vivres et des potions , nous décidâmes de prendre du repos. A peine sortis de la pièce , reposés et restaurés , nous tombâmes nez à nez avec un nain guerrier. Son fort accent nous promettant la mort , nous dûmes lui préciser que c'était la sienne dont il était question. Dans un dernier souffle , il attira Nakun près de lui en murmurant : "Nakun , tu as bien grandi , mon fils !". Celui-ci versa une larme (de crocodile) tout en s'emparant de sa bourse. Pénétrant dans la pièce qu'il défendait , nous eumes la certitude d'être face à notre ultime ennemi. Mais nous n'eumes pas le plaisir de l'abattre. Il se mit lui-même le coup de grace se tranchant la gorge dans un immonde gargouillis. Un de nos nouveaux compagnons , le jovial Dominique Farrago , mousse de son métier , sans que l'on puisse prévoir son geste , découpa vivement le reste de la tête du maudisseur et la cacha dans son sac. Après avoir combattu vaillament un chien tenant plus du dragon que du canin , nous partimes , non sans avoir rafler le maigre trésor de notre adversaire. Willard , quant à lui trouva son compte dans une bouteille de poison et une carte des égouts de Pandémonia , repère des Putrefaktos. Bien que cela m'inquiète , mon presque unique ami semble inéxorablement attiré par les créatures que nous avons combattu. Je saurai le détourner de son funeste sort...

Veran le vendredi 2 juillet de l'an 13004:

A l'ouverture du testament d'André , j'eus la plus grande déception de ma vie. André , cette triple andouille léguait la totalité de ses biens non pas à moi mais à mon balourd d'esclave : Bouba. Il me laissa l'instruction de l'affranchir (je le fis de bon coeur car il était hors de question pour la future reine que j'étais d'épouser un esclave). Nous fêtâmes notre victoire et la toute nouvelle liberté de Bouba lors d'un délicieux repas préparé par Dominique qui décidait d'être des notres définitivement. Nous nous exclamions tous ô combien il était doué quand il nous révèla que le met consommé n'était autre que la tête du maudisseur. Il nous révèla qu'ainsi dégustée , les parties du corps de nos ennemis nous rendaient plus forts selon ses croyances. Beaucoup d'entre nous furent dégoutés pour ma part , je trouvais cette coutume tout à fait excitante. Le gouverneur nous rendit visite afin de nous convaincre qu'il valait mieux pour nous partir tant que le peuple de Veran penserait que nous étions les assassins de Guy et de son cher neveu. Pour sa part , il savait que nous avions agi dans l'intéret de tous.
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