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Concours : [gagner jusqu'à 1D4+1 niveaux]

 
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MJ Willard
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Inscrit le: 18 Juin 2006
Messages: 1594

MessagePosté le: Jeu Juil 03, 2008 9:51 pm    Sujet du message: Concours : [gagner jusqu'à 1D4+1 niveaux] Répondre en citant

Voilà le nouveau concours, un concours qui sera très rapide (il durera 2 semaine). Donc faudra vous activer Wink

Récompense:

Dans ce concours, les joueurs seront divisés en deux groupes: la poule experte et la poule normale.

Le vainqueur de la poule experte gagnera 1D4+1 niveaux et celui de la poule normale gagnera 1D2 niveaux.

A vous de dire dans quelle poule vous voulez concourir. Les experts (ils se reconnaitront, ben ouais quoi on est pas modestes sur Tempetes :p ), n'ont pas le droit de demander la poule normale.

Thème du concours:

Dans ce concours, vous devrez écrirer un contes et légende portant sur le monde d'Océania. Pas de contrainte spécifique, bref, sujet libre !
Pas de limite de texte, mais comme d'hab, si c'est trop long et ininteressant, vous savez à quoi vous en tenir...

Barème:

Orthographe: /5
Originalité: /20
Ecriture: /20
Respect du background: /20
Coup de coeur: /10

Date limite du concours:

Samedi 19 juillet à 20h00 (soit 2 semaines et quelques). Aucun retard toléré. Wink

Bonne chance, et à vos claviers !
_________________
Celui qui dit que la violence ne résoud rien n'a pas cogné assez fort !
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Azuriaal
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Messages: 576
Localisation: Si vous voyez s'élever des flammes je ne suis surement pas loin..

MessagePosté le: Sam Juil 05, 2008 10:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Rappel : Description de Systyll.

Une odeur morbide plane à Systyll... Cette ville tempérée est à Orlattis ce que Pandémonia est à Orédia... La guilde Bestarius, dont une partie est délocalisée sur l'ile aux squelettes a fait main basse sur cette ville légèrement fortifiée grâce à de mystérieux accords avec Raksosy l'Abject... Les habitants, tous de quartiers pauvres, vivent dans la crainte et la vénération titanide qui est rendue obligatoire sous peine de mort, ou pire de devenir "sujet d'expérimentation" dans la prison du centre ville. L'orphelinat forme quand à lui de nombreux membres de guilde. Le commerce est difficile les habitants en sont souvent réduit au troc.
Les catacombes qui se situent sous la ville sont emplit d'un lourd mystère, on raconte qu'il y aurait au fin fond des catacombes des "Portes" que les bestarius cherchent à ouvrir... Des légendes narrent que dans cette ville se trouverait une armure noire maudite et que le légendaire Kain y séjourna... Le nord de la ville est particulièrement bien gardé car la ville d'Eternem et la guilde des Saints Hommes restent une menace pour cette cité noire et corrompue par le mal...


Note d'Azu:
Voir le spoiler :

Le but de ces textes est de comprendre comment une cité elfique est devenue une cité noire corrompue par le mal... Vous trouvez un chapitre un qui présente la bataille telle qu'elle est vécue de l'intérieur... C'est pour le coté épique... Et le chapitre 2 qui est la vision de l'après bataille par l'historien...



Chapitre 1 : 10176 La première cité elfe Systyll tombe aux mains de l ‘Alliance

L' auteur de ces lignes est à jamais resté anonyme

Pour la première fois une ville elfe est assiégée
Bien que 10 fois plus nombreux pouvons nous espérer victoire?
Bientôt le sort en décidera car le cor nous invite à marcher
Et je crains que de l'affrontement il ne ressorte nulle gloire...

L’alliance des Humains et des Nains de Systyll est aux portes
C’est une marée de guerriers qui à la cité arbre,
Fait front, prêt à en découdre.
Déjà notre commandant nous exhorte

Mais de ses paroles je ne bois que bribes
De lui je suis à des lieues
Je n’entends point ses diatribes
Et je crois que c’est tant mieux

Pour d’inutiles et vaines questions
Se battre jusqu’à la mort
Souhaiter d’une noble race l’extinction
Car hautaine est son plus grand tort

Comme moi certains crois cette guerre
Trop inutile, trop meurtrière
Mais l’heure des interrogations n’est plus
Nos guerriers sur l’ennemi ont fondus

Dans une clameur déchirant l’air
Humain et nain contre elfes sylvains
S’entrechoquent puis croise le fer
Se batteraient t’ils donc en vain ?

Dans les arbres magiciens et archer
De mille flammes et flèches
Brulent et percent nos guerriers
Mais les notre sont courageux et revêches

Même blessés à l’assaut ils retournent
Cependant pour chaque elfe mis à bas
Cinq des nôtres passent de vie à trépas
Mais point le vent ne tourne

Et peu à peu enjambant les cadavres
Dans la ville-arbre nous progressons
Glougloutement de nos pieds dans les entrailles*
Enfin devant l’Arbre de Vie nous nous tenons

Cœur de la cité millénaire et immense
Les survivants elfes de sang ruisselant
Forment ici une ultime défense

« Voyez »

Ils ploient sous notre nombre sans cesse croissant !!!

« Voyez !!! »

Indemne sur une branche de l’Arbre de Vie
L’un des elfes rentre en transe
Alors de tous émane un Cri :

« Taelendril !!! »

Des hauts-mage elfes il est le puissant, le plus respecté
Tempêtes incandescentes et boules de feu en série
Il maitrisait des sorts pouvant annihiler une armée
A la vision de l’Elfe les notres ont plus que frémit

« Quel sort prépare t‘il ? »

La transe du mage s’arrêta et les initiés comprirent
Qu’en ce moment la situation ne pouvait être pire
Car aux Titans Balz-Buth, Baal, Lug, Ortho, Charon….
Taelendril offrit les siens et lui en échange d’une malédiction
Alors les elfes en un instant trépassèrent
Et les arbres disparurent en poussières

Mais plutôt que de s’inquiéter Humain et Nain
S’installèrent dans la ville et se mirent à festoyer…

*
Voir le spoiler :

(Glougloutement du pied dans les entrailles: private joke en rapport au titre d'un texte d'un concours en contrainte imposée que je devais faire et qui devait comprendre les mots glougloutement et pied)



Chapitre 2 : La création des catacombes et l’avènement de la « cité noire »

Par Kaelorn Paladin des Saints-Hommes d'Eternem

Cette histoire fut oubliée, et les sages commencèrent à croire que Taelendril avait échoué que les titans l’avaient leurrés… Mais la malédiction révéla sa vile fourberie…

Les Systiliens furent confrontés à la maladie. Des épidémies aussi nombreuses que variées ne cessaient d’emporter moultes personnes… Les fosses communes suintaient du jus des cadavres, les cimetières débordaient de corps à moitié ensevelis et partout s'élevait des brasiers d’où émanaient une morbide puanteur.

Alors les sages se rappelèrent des paroles de Taelendril et un Oracle fondateur fut consulté : « Inhumer les dépouilles et les ossements de vos frères elfes abttus au combat dans un lieu même lieu et le repos vous trouverez. »

La décision de construire les catacombes fut prise par la communauté… Nul ne pouvait reconnaitre les différents types d’ossements et face aux restes d'impropables dépouilles en putréfaction, les dignités fondatrices décidèrent que chaque être mort devait trouver repos en ce même lieu. La construction démarra et dans le même temps les fouilles qui devaient réunir les ossements des elfes débutèrent.

Beucoup, beaucoup trop de morts!!! La bataille avait été sanglante et tous le savais... Mais nul n'aurais pu imaginer l'ampleur du carnage qu s'était déroulé sur ces terres. L’extension des catacombes semblait sans limite et le sous-sol de la ville ressembla rapidement à un ossuaire labyrinthique percé de galeries innombrables.

Une majeure partie de la population jugea, peut-être avec raison, le projet utopique, irréalisable. Les paroles de l'Oracle et la puissance des Quatre furent mis en doute. La population plutôt que de continuer le labeur se tourna vers une forme de basse facilité.... Ils implorèrent alors en masse la clémence des Titan et les habitants firent des offrandes aux déités. C'est dans ce contexte que fut dréssée la première chapelle dédiée à Ortho.

Ce climat ébranla la fois des plus pieux fondateurs eux-même, et certains vinrent jusqu'à la renier. Ainsi les derniers "justes" mis en minorité face aux croyances et actes de la population, trahis par leurs frères, partirent rejoindre les Saints-Hommes d’Eternem pour continuer de résister.

Peu de temps après le départ des derniers croyants, la malédiction s'en pris aux enfants... S' ils n’étaient pas tout simplement mort nés, les nourrissons naissaient difformes, boursouflés et bossus, leur apparence perdait toutes forme d'humanité. Bien des familles les mettaient à mort ou les abandonnaient [Ndlr: Ainsi fut construit l’orphelinat] mais les suivants furent en tout point ressemblant. Par pitié ou par absence de choix, ils les élevèrent.

Certains s'en doutaient, et effectivement, les enfants ainsi concus étaient investis du pouvoir des Titans. lls formèrent les premiers maudisseurs et nécromants de Systyll. De génération et génération ces êtres hideux et repoussants, attendaient la venue d'un prophétique " Messie ".

Tous le reconnurent en Kain et ils édifièrent avec lui la guilde des Bestarius en 12996. La recherche des ossements elfes fut officiellement arrêté par Raksosy l’Abject mis à la tête de la ville de manière officieuse par les Bestarius. L’expansion des catacombes continua puis pris fin brutalement alors que les Bestarius excavaient une immense et mystérieuse porte. Elle devint l'objet de tous leurs intérêts.

Après la mort des elfes et la malédiction de Taelendril, le passage de Kain, la prise de controle Bestarius sur la ville, la vénération des Titans fut imposée et rendue obligatoire par Raksosy l'Abject.

L'accumulation de ces faits, les catacombes, la crasse et cette odeur de mort omniprésente, la corruption des dirigeants, valurent à Systyll le triste nom de "Cité Noire" en comparaison de sa voisine Eternem: "La cité d'Albatre".

Une édition le 09/07
Une deuxiéme éidition le 19/09
_________________
Humain / Mage / Saint Homme/Chaste/Exalté/Pyromane/Suite à sa mort puis résurection parait plus vieux.

"Touche à la bouteille de Cry ET JE TE GRILLE!!!"

19ans//1m88//90kg//Mauvaise langue...

17AP/12NM/17CI/lvl7


Dernière édition par Azuriaal le Sam Juil 19, 2008 8:24 am; édité 1 fois
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Sasquatch
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MessagePosté le: Ven Juil 18, 2008 9:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant

LE ROI EST MORT... VIVE LE ROI!

Il est de ces choses qui ne devraient pas être. Certains êtres naissent avec toutes les chances, élevés dans le bien. Jusqu'à ce que quelque chose en eux change, et qu'ils s'offrent alors corps et âmes aux ténèbres et aux Titans. Il en a été ainsi de Tetsuo Mikaboshi par exemple. Cet homme avait tout. La Richesse, le Pouvoir, l'Esprit, le Respect. il aurait pu faire un Monarque qui aurait éclairé Océania. Mais sa quête impie de l'immortalité le fit plonger tout entier dans un puits sans fond de haine et de mépris. Et son peuple qui aurait pu et du être le plus brillant de toute la Planète est devenu un peuple d'esclave...
Mais par chance, il arrive aussi que la plus immonde des créatures, le plus abject des monstres, déchire les chaines de noirceur qui l'ont vu naître... C'est hélas! plus rare. Mais dans le cas de Nim, sa bonté ne fut jamais récompensé.

Né d'expériences Putrefaktos, Nim est un hybride, issu des entrailles en décomposition d'une mère mordue par une goule. Et elle même devenue goule. Neuf mois dans son ventre firent de Nim quelque chose d'unique, de manière radicale. Dés sa naissance, sa mère tenta de le dévorer mais il fut mis à l'écart et élevé dans l'asservissement à Charon par ses créateurs.
Il n'avait rien de la caractéristique lenteur des goules et autres mort-vivants, alliant les reflexes d'un homme à l'exceptionnelle résistance d'un corps qui ne connaitrait jamais la douleur. Son coeur ne battait pas, le sang ne coulait pas dans ses veines. Il vivait, certes, mais dans une prison de chair morte...
Dés son plus jeune âge, on le nourrit de chair humaine. Il avait la capacité bien connue des goules à régénérer ses tissus en putréfaction par ingestion de grande quantité de viande. Il avait l'odorat des plus développés, et une force inouïe malgré ses muscles froids. Ne pas subir le moindre outrage, la moindre sensation de douleur lorsque l'on bouge, court, frappe ou encaisse un coup, ne pas avoir de crainte de la douleur, lui permit de dépasser les limites qui lient les simples mortels aux forces naturelles.

En huit ans, les serviteurs de Charon en avait déjà fait un assassin redoutable. En dix, il devint l'arme secrète de la Secte. Et âgé de douze ans, il devint leur plus grande crainte!

Les Putrefaktos, finalement, savaient peu de choses de Nim. Ils le voyaient comme un fusil à pointer sur la tempe des Fondateurs, ne réalisant pas que leur chose était douée d'une volonté propre. Ils n'avaient même pas réalisé qu'il était capable, avec de monstrueux efforts, de parler. Il avait une voix étrange qu'on pourrait qualifier de voix d'outre-tombe. Et surtout, il était curieux.
Parfois, lorsqu'il avait fini ses tâches et autres exercices, il se hissait à l'insu de tous hors des égouts, et juché sur un toit, il observait les habitants de la nuit. Il avait pris l'habitude de suivre de ses yeux blancs les voleurs, mendiants et autres reclus que seule la nuit pouvait libérer. Tous ces monstres, moqués voire haïs par les bien-portants...
Il ne les haïssait pas, et sans le savoir, sans comprendre ce qui lui arrivait, il en vint même à aimer certains d'entre eux, Karina par exemple...

Karina, jolie jeune fille de treize ans, aveugle, et mutilée d'une jambe pour avoir volé un jour une miche de pain... Les gens la méprisaient, lui crachaient dessus, l'insultaient. Mais au fil des nuits, ils étaient de moins en moins nombreux à le faire. Et on les retrouvaient parfois en morceaux, dans les ruelles sombres de la ville. Devenant l'invisible protecteur de la jeune aveugle, il prenait garde à ce que personne ne voit tourner autour de la ravissante gamine un être comme lui. Mais pour qui n'a pas de vue, se tenir hors de vue est vain. Elle lui intima d'approcher, et il ne put faire autrement qu'obéir. Elle lui révéla qu'elle l'avait déjà croisé, et lui demanda ce qu'il voulait. Et elle lui cracha au visage, le traitant de porc puant de Putrefakto.

Il eut bien du mal à se remettre de cette insulte. Mais les choses étaient ainsi. Son corps en putréfaction puait le Putrefakto, et elle ne pourrait que le haïr... Il décida donc d'arrêter de la voir, le cœur serré. Ce serait mieux ainsi.

Il finit pourtant par la revoir un soir, après avoir entendu un cri dans les égouts. Quand il en découvrit la source, il découvrit le corps égorgé de Karina sur un autel Putrefakto, et cela détruit quelque chose en lui. Cette fois-ci, les Putrefaktos ne contrôleraient plus leur merveilleux petit monstre. Insensible à leurs malédictions comme à la souffrance, il tua un à un les auteurs du sacrifice. Et toujours ce soir là, Karina, enfin, put le voir.

Être exécuter au nom de Charon interdit à l'âme de trouver le repos des limbes, et elle errait maintenant entre le monde des Esprits et le monde réel, spectre évanescent. Et surtout, elle venait de voir la chose qui l'avait suivi depuis toutes ces semaines, cet être abject qui pour la venger avait été mis en pièces par ses anciens maîtres. Et Nim avait le don lui aussi de la voir. Ils parlèrent longuement, alors que le non-mort se repaissait des corps de ses anciens maîtres, régénérant dans le même temps ses chairs mises à mal. Ils ne se quittèrent plus depuis. Nim avait retrouvé celle qu'il aimait, et Karina en vient à son tour à éprouver de tendres sentiments pour celui qui assouvissait leur mutuelle vengeance. Et ils ne s'arrêtèrent pas là...

On parle encore,à Pandémonia, d'un roi immortel, car déjà mort. Il règne sur les boiteux, les mendiants, les souffreteux, tous les laissés pour compte, châtiant durement ceux qui s'en prennent à eux, et massacrant sans relâche les Putrefaktos qui croisent son chemin. Ceux-ci, devenus paranoïaques ont renforcé les défenses de leurs domaines cryptiques, mais ils vivent désormais dans la crainte que leur création, leur jouet assassin ne les prennent au piège avant de les exécuter... Le Roi est mort, vive le Roi, vive... Nim, seigneur des bas-fonds, Fléau de Charon et des Titanides...
_________________
En résumé... :

Alors, je suis un Marche-Branche sauvage devenu Baron richissime, puis l' Elu du Dieu de la Terre, et depuis que je suis mort, je fais 28 ans, et plus 16... Vous comprenez rien? Pas grave...



Dernière édition par Sasquatch le Sam Juil 19, 2008 6:36 pm; édité 1 fois
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Morrigan Séafra
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MessagePosté le: Sam Juil 19, 2008 6:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chelya et le Serafel
Poule experte

"Pardon, messeigneurs ? Un chant de gloire, de conquètes et de lutte contre les Titans ? Un héros plein de fougue, de noblesse et de sacrifice ? Eh bien je vois que j'ai affaire à un public exigeant...

Figurez-vous que je connais un tel récit. Et aussi difficile à croire que cela soit, sachez mes princes que ce héros, ce chevalier dont la noblesse n'a d'égal que le courage et l'honneur... est un pirate. Oui, un pirate, un flibustier, une de ces racailles qui écument les mers. Ah, j'ai dit "un" pirate ? Toutes mes excuses, gentils sires, ma langue a fourché. Je voulais dire "une" pirate. Une femme, oui. Une criminelle, c'est exact. Si, pourtant, j'ai bien compris que vous vouliez entendre un récit plein de noblesse et de gloire.
Je vois que je vous choque... Laissez-moi vous raconter.

Cette femme dont je vais vous conter l'histoire n'est pas de naissance glorieuse. Pire encore, elle n'est pas née libre.
Chelya vit le jour dans les carrières de marbre d'Yvru, la lointaine île de l'ouest. Ses parents étaient l'un comme l'autre esclaves de la brutalité impériale, condamnés à l'enfer pour assurer la richesse de la souveraine, Yuna. Beaucoup a été dit sur Yvru et sur l'influence qu'on soupçonne les Maîtres de l'ombre d'y exercer. En ce qui concernait Chelya, cette influence n'était pas un soupçon ; chaque heure de son enfance, elle en sentit la brûlure sur son échine, aussi nette que le claquement du fouet. L'impératrice Yuna n'était pas cruelle, seulement inconsciente : c'étaient ses sbires, poussés par cette guilde de bourreaux, qui tuaient les esclaves et les prisonniers à force de coups. Leur intérêt dans l'île est une question vaste, qui mériterait un récit à elle seule. Quant à nous, il nous suffit de comprendre dans quel cloaque la petite Chelya fit ses premiers pas...

L'enfant grandit donc ainsi, le regard borné par les hautes parois de marbre. Mais jour après jour, ses yeux restaient fixés sur la ligne de faîte des falaises, obstinément. Aucune punition ne réussissait à lui enlever cette fascination têtue pour ce qui est là-bas, plus loin, au delà du monde poussiéreux et brutal où elle se traînait.
Un matin, avant même que ne retentisse la trompe des contremaîtres, ces yeux si bleus s'ouvrirent tout grands. A pas de loup, l'enfant s'extirpa des guenilles où elle dormait et sortit de la masure. Cette fois, c'était décidé, elle verrait ce qu'il y avait au delà. L'ascension ne fut pas aisée, et la petite manqua plus d'une fois de lâcher prise et de venir s'écraser au sol. Mais la chute fatale n'eut pas lieu, et soudain Chelya se rendit compte qu'elle avait vaincu la falaise.

Par dessus le mur de pierre, le spectacle qui s'offrit à elle lui coupa le souffle. Bleu... Tant de bleu... Dans son monde de gris et d'ocre où la poussière noyait le ciel lui-même, Chelya n'avait jamais vu d'autre bleu que celui de ses propres yeux, reflété au hasard d'une mare. Mais ce bleu-ci, ce bleu immense et mouvant lui donnait l'impression de chanter pour elle seule...
L'enfant ne sut jamais comment au juste elle était parvenue à descendre la falaise. Il reste que quand elle plongea ses bras dans l'eau, la mer prit possession de son âme et ne la lui rendit jamais.

Les jours suivants, Chelya découvrit la vie ardente du port d'Yvru. Avide de nouveauté, la petite adopta vite les façons des gamins des rues, ces maraudeurs aux doigts plus agiles que des pieuvres. Et un mois plus tard, nul n'aurait plus reconnu une fillette dans cette petite chose crasseuse et agressive. Pourtant, ce qui ne changeait pas était sa fascination intense pour l'océan. Elle passait des heures les pieds dans l'eau, nez en l'air, contemplant les gréements, les voiles des vaisseaux et leurs figures de proue altières. Dans ces instants, son visage fouetté par les embruns prenait une expression absente, quasi mystique. Très vite, Chelya connut par leur nom tous les marins, des capitaines arrogants aux matelots gouailleurs. Les navires eux-mêmes n'avaient plus de secret pour elle, et il lui arrivait de plonger pour caresser la coque de ses favoris.

C'est ainsi qu'un matin, la gamine entendit le capitaine du Serafel pester contre un mousse qui lui avait fait faux bond. A l'entendre, la lèpre n'était pas un motif suffisant pour déserter son bord. Cela ne découragea pas notre héroïne : elle ne fit qu'un saut pour se présenter devant le capitaine, s'offrant à devenir son mousse, son esclave, sa chose... n'importe quoi du moment qu'il l'embarquait. Et lui, la regardant de tout son haut, pensa que si ce moussaillon tenait la distance, il aurait sans doute fait la meilleure affaire de sa vie.
Et Chelya devint mousse, sans nul doute le mousse le plus mal payé, éreinté et battu qui ait jamais été. Mais l'enfant serra les dents et, refusant de renoncer à son rêve, s'arc-bouta contre la destinée. Peu à peu, elle gagna l'estime de l'équipage entier par son opiniâtreté et sa hargne. Du moins, quand je dis tout l'équipage... Le capitaine, hautain comme seuls savent l'être les fous, continuait de la regarder avec mépris. Pourtant, il ne pouvait que constater à quelle vitesse elle était devenue un vrai petit loup de mer. Et en contrecoup, il en vint à la détester de ne pas être aussi vulnérable que sa frêle charpente le laissait croire.

Même admise dans l'équipage cependant, la gamine restait aux yeux de tous un gamin. C'est bien connu : rien en mer ne porte plus malheur qu'une femme à bord... Nourrie de ce précepte, Chelya se faisait discrète. Mais la nature ne se soucie pas de discrétion, et inexorablement, la fillette grandissait. Pourtant, l'habitude de voir le mousse était telle que l'équipage ne s'apercevait de rien.
Ce qui n'était pas le cas du capitaine...

Un matin, un grand cri éveilla les marins en sursaut. L'arme au poing, ceux-ci se précipitèrent dans la cale d'où provenaient les hurlements... et faillirent marcher sur leur capitaine qui, vautré dans son sang, s'agrippait l'entrejambe. Tout au fond, le buste dénudé de Chelya en disait assez sur ce qui venait de se passer : la jeune fille tenait encore dans ses doigts tremblants le couteau avec lequel elle venait de castrer son agresseur.

La justice en mer est prompte à s'appliquer ; mais en l'occurrence, elle ne toucha pas celle qu'on aurait cru. L'affection des marins pour Chelya était telle, et assortie de tant de haine envers le capitaine, que pas un d'entre eux ne lui tint grief de son mensonge. Et c'est une jeune fille aussi royale que clairement féminine qui précipita l'officier à la mer d'un coup de sabre. Justice était faite.

Mais la justice est très différente selon qui l'applique. A terre, les hautes instances de la loi marine s'émurent de ce qui leur parut être une mutinerie. C'est ainsi qu'un jour, le Serafel croisa la route d'un bâtiment de l'impératrice Yuma, clairement chargé d'obtenir sa reddition ou de l'envoyer par le fond. Une fois de plus, le pouvoir impérial se mettait en travers de la route de Chelya. Et cette fois comme la précédente, l'adversité révéla la force de la jeune femme.
De tout son charisme, elle fédéra autour d'elle l'équipage inquiet, lui redonna espoir et rage de vaincre. Et quand le soleil se coucha, sanglant, les sabres s'abaissèrent sur l'impossible victoire. A compter de cet instant, le Serafel devint un bateau-pirate, rôdant sur les mers et les océans. A sa barre, Chelya, qui avait été faite capitaine, jetait les renégats de bataille en butin, et de butin en victoire. Le Serafel gagna sa légende au canon et à la lame, lui l'unique flibustier mené par une femme. La hardiesse et la férocité de la jeune fille se communiquait à l'équipage, et celui-ci terrorisait aussi bien les côtes que la pleine mer.

Pourtant, si Chelya ne faisait aucun quartier à ceux qui l'avaient piétinée toute sa vie, elle restait loyale et juste avec ses compagnons. Sa part de butin ne dépassait jamais la leur, sa vie n'était jamais moins en danger et son courage jamais moindre. Pour cela, l'équipage du Serafel l'aimait et la respectait comme une icône, eux qui ne croyaient plus en rien.
D'ailleurs, Chelya se considérait, par sa naissance modeste, comme n'étant redevable à aucune force supérieure. Elle avait bâti son destin seule, dans le sang et la flamme, et le savait parfaitement. Son équipage quant à lui n'avait de foi qu'en son capitaine, et celle-ci prouvait chaque jour que c'était à raison. Mais l'impiété est un défi à la face des puissances, et les Titans comme les dieux n'aiment pas à être négligés.

Or les mers sont un endroit dangereux pour qui ne prête pas allégeance... Et leur suzerain, le Titan Körlik, sentit s'éveiller sa colère à la vision de cette belle insolente qui ne le craignait pas. Un soir, sous un ciel dans lequel s'amoncelaient des nuages d'orage, Körlik déchaîna sa fureur contre le Serafel. A travers les bourrasques, la vigie cria soudain qu'elle distinguait une masse sombre, avançant vers eux à toute vitesse. Comme un seul homme, l'équipage se jeta à la poupe : enflant les flots comme une lame de fond, plus vite qu'il n'aurait semblé possible, une chose gigantesque se ruait vers eux.
Hurlant des ordres, Chelya se précipita à la barre dans l'espoir futile de semer la bête. Elle manoeuvrait de main de maître en cet instant, et le vent gonfla toutes les voiles du Serafel ; jamais navire n'avait été si rapide. Un bref instant, l'espoir effleura les marins...

Mais quand la vigie osa un regard en arrière, il poussa un hurlement de terreur qui glaça le sang de l'équipage. Dans le déferlement assourdissant des flots, la bête émergeait. Elle les avait presque rejoints, et chacun put alors contempler l'horreur à l'état pur... Le monstre, monumental, les toisait de son oeil sombre, sans âme. Sous sa gueule, un bruissement de tentacules grouillantes cherchait à saisir le navire pour l'entraîner vers les flots insondables, tandis que la puanteur de l'enfer s'échappait d'un bec capable d'engloutir le monde. La vigie eut tout juste le temps de discerner deux ailerons hauts de plusieurs mètres avant que la bête ne harponne le Serafel, précipitant le malheureux dans les flots.
Chelya, hurla à ses hommes de s'attacher, et ordonna une salve de canon. Le rugissement de douleur que poussa alors l'abomination jeta les marins sur le sol, les mains sur les oreilles, pliés en deux de douleur. A travers ses larmes, la capitaine s'aperçut que le coup avait porté : la bête s'immergeait, hors de portée d'un second tir. Cependant, elle s'immergeait mais ne fuyait pas. Quant au navire, les remous le rendait incontrôlable, il tournoyait sur lui-même.

Chelya comprit que le coup suivant les détruirait. Alors, elle qui ne s'était jamais courbée devant quiconque, se jeta à genoux et implora les Fondateurs. Sa voix qui s'élevait dans la tourmente toucha chacun de ses hommes au plus profond de son âme. Avec ferveur, la jeune femme priait non pour sa propre sauvegarde, mais pour la leur.
Elle ne fut pas entendue ; et du fond des flots, le monstre entama sa remontée...

Désespérée, à bout de ressources, Chelya se tourna alors vers les puissances les plus noires qui soient... Hurlant son sacrifice à la face de la bête, elle voua son existence aux Titans en échange de la vie de son équipage.
Ce cri, lui, fut entendu.

Depuis les limbes où elle attendait son heure, Lilith l'immonde esquissa un sourire cruel. Quoi, si facilement ? Sur un plateau, l'occasion de flouer son frère Körlik et de s'emparer d'une âme si forte, si pure ? Quel cadeau sompteux...

Soudain, un éclair de lumière blanche frappa le Serafel, illuminant les flots noirs. Et quand la bête vint heurter la proue du vaisseau à la dérive, son cri de détresse submergea tout, avant de s'éteindre enfin. Quand les marins recouvrèrent la vue, ils ne purent en croire leurs yeux : là où se tenait le monstre avant le choc, les vagues mouraient peu à peu, l'écume s'apaisait. Plus rien ne subsistait de ce qui avait failli les détruire tous. Déjà, chacun tombait à genoux, remerciant les puissances...

Mais soudain, un matelot hurla : Chelya avait disparu ! Dès lors, l'équipage entier fut convaincu de ce qui s'était passé, et leurs louanges se tournèrent vers celle qui avait offert sa vie aux Fondateurs pour les sauver tous. Dans ces visages burinés baignés de larmes d'enfant, les yeux brillaient, pleins du miracle qui venait d'advenir. Pour eux, Chelya était une déesse.

Ce n'est que bien plus tard qu'un petit mousse remarqua une chose insolite. Là, à la proue, une sirène de bois aux traits étrangement familiers fixait l'horizon d'un regard hanté...
Effrayé, le petit mousse fit brusquement un pas en arrière et s'étala sur le pont. Quand il cessa de trembler, l'enfant rougit de honte à l'idée de son ridicule et décida de ne jamais, jamais parler de ce qui venait de lui arriver. Quoi, tout une figure de proue, poussée comme ça, en une nuit ? Il n'osait même pas imaginer le rire de ses compagnons... Non, mieux valait ne rien dire.

Et étrangement, personne parmi eux n'agit différemment. Chacun semblait croire que cette figure de proue avait toujours été là, y compris les plus anciens qui avaient connu Chelya quand elle n'était qu'un mousse. Etait-ce la peur du ridicule, ou bien une raison plus profonde ? Difficile à dire...

Ce qui est sûr, en revanche, c'est que l'équipage sentit peu à peu un certain malaise l'envahir. On entendait la nuit des pleurs et des lamentations, inexplicables en pleine mer. Une voix de femme, légère comme un souffle, appelait à l'aide dans un sanglot puis s'évanouissait...
Pourtant, nul ne déserta le bord. Il faut dire que le Serafel était devenu le navire le plus vif, le plus sûr et le plus chanceux de toutes les mers d'Océania. Il évoluait sur l'eau comme guidé par une force intérieure, aussi gracieux qu'un rêve de femme. Dès lors, que pouvait bien valoir un fantasme collectif face à la victoire assurée ?

Puis, peu à peu, la tristesse qui imprégnait le bâtiment s'estompa et disparut. On oublia Chelya, ses exploits et son sacrifice.
Et du fond des limbes, Lilith riait sans fin des pleurs de la sirène de bois..."
_________________
1m56, maigre, 21 ans / Barde / Demi-Döppelgänger (lvl 2)

"Que craignez-vous, ma dame ?
_ Une cage. Rester derrière des barreaux jusqu'à ce que l'usure et l'âge les acceptent et que toute forme de courage ait disparu irrévocablement."
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