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Découvrez ici comment s'est faite la création de la ville de Veran, et quelle est l'origine de son nom !


La création de Veran

En l'An 2982, la région de Véran ne ressemblait guère à celle que l'on connaît aujourd'hui. Quelques familles de pêcheurs vivaient tant bien que mal dans leurs huttes rudimentaires, des fermiers faisaient paître leurs troupeaux d'Aurochs, d'autres cultivaient des raves et autres tubercules tandis que dans les bois chassaient de petits groupes de braconniers, revendant leur gibier au plus offrant. Véran n'existait pas encore et ces familles formaient une dizaine de clans farouches, prêts à tout pour défendre leurs terres...

En 2984, un hiver plus rude qu'à l'ordinaire leur donna cette occasion. Les champs donnèrent peu, les poissons se firent rares, les Aurochs crevaient de malnutrition et le gibier qui faisait la joie des chasseurs disparut, hibernant au fond de terriers inaccessibles... Nul ne sait qui commença, mais des vols eurent lieu, privant de leurs biens des familles craignant la famine. La réaction ne se fit pas attendre... Ce fut une guerre de clans, ou plutôt, une guerrilla sournoise dont le seul but était de se venger. En ces heures sombres, l'honneur n'existait plus. Ces braves gens devenaient fous, attendant le sommeil de leurs " ennemis" pour égorger leurs enfants d'une lame vicieuse, pendant les femmes et brûlant les vieillards, juste pour blesser ceux qu'ils haïssaient. L'Hiver dévorait tout sur son passage, les Terres, les chairs et la raison des belligérants. Ils ne faisaient plus que se battre dans les plaines glacées, ayant mème oublié la raison de cette querelle stupide...

En 2985, un pêcheur du nom de Véran Indrossen, perdit sa dernière fille lors d'une de ces luttes devenues banalement quotidiennes. Il faillit mourir de chagrin... Mais, au lieu de se laisser aller à la haine, il comprit que le sang n'avait que trop coulé et qu'il fallait que cela cesse. Il eût une idée folle, s'y refusa d'abord, puis réalisa qu'elle était la seule issue à cette déferlante de folie... Il rentra chez lui, contemplant le feu dans l'âtre de sa maison désormais vide, et rédigea une lettre.

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"Mes frères, Je n'ai plus personne... Bientôt, vous non plus, vous n'aurez plus personne. Cette guerre est stérile. Vous cherchez un voleur, et ne le trouvant pas, vous versez ce sang si rare qui coule en vos veines dans l'espoir de l'avoir par hasard. Je suis si las...

Demain, au sommet de la colline, vous trouverez le coupable. Alors vous pourrez l'executer, le saigner comme un porc ou le torturer à mort, peu m'importe. J'espère que ce "joyeux massacre" saura vous apporter la paix. La Paix, vous souvenez vous de ces temps merveilleux? De ces temps bénis où nous boutions hors de nos terres les barbares venus du Nord? La nostalgie peine à réchauffer mon coeur froid, et mème mes larmes n'ont plus de chaleur. Nos familles ne sont plus que l'ombre de ce qu'elles étaient, nous ne sommes plus assez pour parler de clans. Je n'aspire plus qu'à une chose, l'unification de ce qu'il reste de nos pauvres os, mutilés par une guerre insensée. Où alors, lorsque d'autres barbares viendront, ils détruiront sans mal vos "glorieuses familles"... Je me fous bien de ce que sera demain, ce qui m'était le plus précieux a disparu. Je ne le souhaite plus à nul autre..."

Il prit ensuite sa canne, un sac qu'il remplit de grains puis se traina dehors d'un pas rendu boîteux par les trop nombreux combats et déposa cette lettre sur le champ de bataille, bien en évidence sur le sac de vivres, certains qu'en ces temps de famine, celui ci focaliserait l'attention des combattants. Il y planta une dague, afin que le vent ne l'emporta point et disparut dans la nuit...

Quand les habitants de ce qui deviendrait Véran trouvèrent cette lettre, ils devinrent ivres de rage. Enfin, leur vengeance allait ètre assouvie. Ils se liguèrent et commencèrent à gravir la colline. Ils trouvèrent à son sommet... Véran Indrossen, à genoux, la tète offerte au moindre coup de hache. Il fut torturé, écartelé et trainé tout autour de la colline. Sa maison fut pillée, et on y trouva une autre lettre. "Je sais qu'avant de mourir, j'aurais vu mon peuple enfin réuni. Quelque soit la douleur et les tourments que vous m'infligerez, je partirais heureux, et je reverrais ma fille auprès des fondateurs... A vous qui venez piller ma maison, voici mon seul héritage, la paix. Que le sacrifice d'un vieillard vous apporte la raison... Adieu, mes amis, je veillerais sur vous depuis les cieux..."

Nul ne sut jamais si Véran était vraiment le voleur, mais l'allégresse de sa mort se mua en une honte mélée de chagrin. Tous ces guerriers improvisés réalisèrent la folie de leurs actes, et cessèrent de chercher le coupable... C'est vrai, par son sacrifice, Véran avait apporté la Paix à "son peuple". Les familles, ou ce qu'il en restait, le pleurèrent, comme un héros disparu. Elles batirent un dolmen à l'emplacement de sa demeure et édifièrent leurs maisons autour, comme pour profiter de la bienveillance du martyr. Peu à peu, cet amas de cabanes prit de l'ampleur et devint un village uni, à l'esprit de justice et de sacrifice qui s'étendit dans les environs, comme les fleurs s'étendent au printemps. En ces temps de renouveau de l'an 2986, un jeune pécheur s'éprit d'une fermière et ils eurent un enfant. Toutes les familles adoptèrent le nouveau né comme un signe d'espoir. Le temps de la guerre était fini, vive celui de la paix. Cet enfant serait le premier du nouveau village qui se formait et auquel il fallait maintenant trouver un nom. Quoi de plus naturel que de lui donner le nom de son héros, Véran?

Dés lors, plus rien ne semblait pouvoir empécher l expansion de la petite bourgade. les troubadours de passages colportant partout la légende de Véran Indrossen, sacrifié pour la Paix et la Justice. La graine de ce qui deviendrait plus tard la capitale d'Orlattis venait de germer. Mais ceci est une autre histoire...

Récit de Naral "le rouge, vert, bleu, mauve et jaune", barde itinérant


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